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IFSIUE 2.1 Biologie fondamentaleUE B.1 · référentiel 2026 11 min23 octobre 2026

Bilan de coagulation : TP, INR et TCA (normes et rôle infirmier)

Fiche sur le bilan de coagulation pour l’étudiant infirmier : TP, INR, TCA, leurs normes, cibles sous anticoagulants, prélèvement au tube citraté et surveillance clinique des saignements.

Fiche générée par l'IA de Pharo à partir d'un cours type, relue par un second modèle. Ton cours, ta prescription et les protocoles de ton établissement font foi.

Résumé du cours

L’essentiel

  • Le bilan de coagulation de base comprend surtout : TP/INR (voie extrinsèque) et TCA (voie intrinsèque).
  • TP normal ≈ 70–100 % ; INR normal ≈ 0,8–1,2 ; TCA normal ≈ 30–40 s (ou ratio ≈ 0,8–1,2), selon le laboratoire.
  • Sous AVK, la cible habituelle de l’INR est en principe entre 2 et 3 (adaptée par le prescripteur selon l’indication).
  • Sous héparine non fractionnée, le TCA est volontairement allongé (ratio cible en principe ≈ 1,5–2,5, selon protocole médical et du laboratoire).
  • Le prélèvement se fait sur tube citraté (bouchon bleu) à remplir correctement, sans garrot prolongé ni hémolyse.
  • Le rôle infirmier : connaître les normes, vérifier les résultats avant les gestes invasifs, surveiller les signes de saignement et alerter en cas d’anomalie.

Rappels sur la coagulation

  • La coagulation correspond à l’ensemble des réactions permettant la formation d’un caillot stable pour arrêter un saignement.
  • Elle comporte l’hémostase primaire (plaquettes + paroi vasculaire) et l’hémostase secondaire (facteurs de coagulation).
  • Les voies de la coagulation :
  • Voie extrinsèque (facteur tissulaire) explorée par le TP/INR.
  • Voie intrinsèque explorée par le TCA.
  • Elles convergent vers la voie commune (formation de thrombine puis fibrine).
  • Les troubles de la coagulation favorisent soit les hémorragies (coagulation lente), soit les thromboses (coagulation excessive).

TP (Taux de Prothrombine)

  • Le TP explore principalement la voie extrinsèque et la voie commune de la coagulation.
  • Il dépend notamment des facteurs de coagulation vitamine K-dépendants (II, VII, X…).

Valeurs usuelles du TP

  • TP normal : en général 70 à 100 % (peut varier selon le laboratoire).
  • Plus le TP diminue, plus le risque hémorragique augmente.
  • Un TP < 50 % est souvent considéré comme nettement pathologique, surtout avant un geste invasif (selon contexte clinique et avis médical).

Situations cliniques associées

  • Diminution du TP : traitement par AVK, insuffisance hépatique, carence en vitamine K, consommation de facteurs (CIVD…), etc.
  • Le TP brut est de moins en moins utilisé seul : il est interprété via l’INR pour les patients sous AVK.

Rôle infirmier et TP

  • Repérer un TP bas dans les résultats transmis, surtout avant ponction, injection IM, pose de cathéter, etc.
  • Informer le médecin d’un TP anormal avant tout geste à risque hémorragique.
  • Adapter les soins : éviter si possible IM, privilégier voie SC ou IV, comprimer plus longtemps après ponction.

INR (International Normalized Ratio)

  • L’INR est un indicateur standardisé dérivé du TP, utilisé principalement pour la surveillance des anticoagulants oraux antivitamine K (AVK).
  • Il permet de comparer les résultats entre laboratoires.

Valeurs usuelles de l’INR

  • Sujet sans AVK : INR ≈ 0,8–1,2.
  • Sous AVK :
  • Cible habituelle entre 2 et 3 pour la majorité des indications.
  • Certaines indications particulières peuvent nécessiter une cible plus élevée (par exemple autour de 3–4,5), toujours selon la prescription médicale.
  • Plus l’INR est élevé, plus le sang est “fluide” et plus le risque de saignement augmente.

Interprétation pratique

  • INR trop bas par rapport à la cible : risque thrombotique accru (coagulation « pas assez freinée »).
  • INR trop élevé par rapport à la cible : risque hémorragique majeur, surtout si > 4–5 ou présence de signes de saignement.

Rôle infirmier et INR

  • Vérifier : indication du traitement, cible d’INR notée sur le dossier, date et heure du dernier contrôle.
  • Avant un geste invasif : s’assurer que l’INR est dans une zone compatible avec le geste, selon protocole de service et avis médical.
  • Surveiller : apparition d’hématomes, saignements gingivaux, épistaxis, sang dans les urines ou selles, règles abondantes, céphalées inhabituelles.
  • Alerter en urgence si INR très élevé ou si saignement important / inhabituel.

TCA (Temps de Céphaline Activée)

  • Le TCA explore la voie intrinsèque et la voie commune.
  • Il est utilisé :
  • Comme dépistage de troubles de la coagulation (hémophilies, déficit en facteurs, etc.).
  • Pour la surveillance de certains traitements par héparine non fractionnée.

Valeurs usuelles du TCA

  • TCA normal : environ 30 à 40 secondes selon les réactifs et le laboratoire.
  • Il est souvent exprimé en ratio : TCA du patient / TCA témoin.
  • Ratio normal ≈ 0,8–1,2.

TCA sous héparine non fractionnée

  • Sous héparine non fractionnée, le TCA est volontairement allongé.
  • La cible est souvent un ratio ≈ 1,5–2,5 (fourchette indicative, la valeur exacte dépend du protocole du service et du laboratoire).
  • TCA trop élevé : risque hémorragique ; TCA insuffisamment allongé : risque thrombotique.

Rôle infirmier et TCA

  • Vérifier l’heure de la dernière injection ou perfusion d’héparine non fractionnée et l’heure du prélèvement.
  • S’assurer que le TCA de contrôle est réalisé aux horaires prévus par le protocole.
  • Signaler un TCA très allongé ou au contraire non allongé alors que le patient reçoit de l’héparine.
  • Adapter les soins invasifs : prudence pour injections IM, prélèvements artériels, pansements traumatisants.

Prélèvement pour le bilan de coagulation

Tube et technique de prélèvement

  • Le bilan de coagulation (TP, INR, TCA) se fait sur tube citraté (bouchon bleu en général).
  • Le citrate de sodium est un anticoagulant qui chélate le calcium ; le laboratoire le rajoute ensuite pour mesurer la coagulation.
  • Le tube doit être rempli jusqu’à la marque (ratio sang/citrate respecté) : un sous-remplissage fausse les résultats (TCA artificiellement allongé, etc.).

Points de vigilance pratiques

  • Éviter un garrot trop serré ou trop prolongé (risque d’hémoconcentration et de résultats faux).
  • Mélanger doucement le tube en l’inversant quelques fois, sans le secouer violemment (éviter l’hémolyse).
  • Ne pas prélever sur une perfusion en cours de produit anticoagulant (héparine par exemple) : si nécessaire, prélever en aval après arrêt momentané et purge, selon protocole.
  • Transport rapide au laboratoire, éviter les délais prolongés à température inadaptée.

Signes de saignement à surveiller

  • Signes cutanéo-muqueux : ecchymoses, hématomes spontanés ou importants après petit choc, pétéchies, gingivorragies, épistaxis.
  • Signes digestifs et urinaires : méléna (selles noires), rectorragies, hématurie (urines rouges/brunes), vomissements avec sang.
  • Saignements gynécologiques : règles très abondantes ou prolongées, saignements en dehors des règles.
  • Signes neurologiques (urgence) : céphalées brutales ou inhabituelles, troubles de la vision, déficit moteur ou sensitif, troubles de la parole.
  • Signes hémodynamiques : pâleur, sueurs, tachycardie, hypotension, malaise, état de choc.

Rôle infirmier global face au bilan de coagulation

  • Connaître les normes et les zones cibles selon le traitement (AVK, héparine non fractionnée) et le contexte.
  • Vérifier la cohérence clinique : un patient très marqué d’hématomes avec bilan normal doit aussi faire suspecter d’autres problèmes (plaquettes, prise de médicaments, chute…)).
  • Adapter les soins :
  • Limiter les gestes invasifs non indispensables.
  • Éviter les injections IM sous anticoagulant sauf avis médical.
  • Assurer une compression prolongée après prélèvement ou ponction.
  • Participer à l’éducation du patient : importance de la régularité des contrôles, de la surveillance des signes de saignement, d’éviter l’automédication (en particulier certains antalgiques) sans avis médical.
  • Alerter rapidement en cas d’anomalie biologique majeure ou de signes cliniques d’hémorragie.

Pièges classiques à éviter

  • Confondre TP bas et INR bas : un TP bas correspond à un INR élevé (plus de risque hémorragique), et non l’inverse.
  • Croire qu’un INR élevé « protège » toujours des thromboses : en réalité, il augmente surtout le risque de saignement.
  • Interpréter TP/INR et TCA sans tenir compte des médicaments en cours (AVK, héparine, AOD, antiagrégants…).
  • Oublier que certains anticoagulants (notamment certains oraux directs) ne sont pas toujours bien évalués par ces tests standards.
  • Omettre de vérifier le bilan de coagulation avant un geste programmé à risque (ponction lombaire, chirurgie, biopsie…).

À retenir

  • TP/INR explorent surtout la voie extrinsèque ; TCA explore la voie intrinsèque.
  • Normes (environ) : TP 70–100 %, INR 0,8–1,2, TCA 30–40 s (ratio 0,8–1,2), valeurs de référence précisées par chaque laboratoire.
  • Sous AVK, l’INR est généralement ciblé entre 2 et 3 ; sous héparine non fractionnée, le TCA est volontairement allongé selon protocole.
  • Le prélèvement pour la coagulation nécessite un tube citraté bien rempli et une technique rigoureuse.
  • Le rôle infirmier est central : lecture des résultats, adaptation des soins, surveillance des signes de saignement et alerte précoce.

12 flashcards pour mémoriser

Lis la question, cherche la réponse, puis ouvre la carte pour vérifier.

  1. 1Que mesure principalement le TP (taux de prothrombine) dans la coagulation ?

    Le TP explore surtout la voie extrinsèque et la voie commune de la coagulation, dépendant de facteurs de coagulation vitamine K-dépendants comme les facteurs II, VII et X.

  2. 2Quels sont les valeurs usuelles du TP chez un adulte sans trouble de la coagulation ?

    Le TP est généralement compris entre 70 et 100 %, avec des variations possibles selon le laboratoire.

  3. 3Quel est l’intervalle habituel de l’INR chez un sujet ne prenant pas d’AVK ?

    Chez un sujet sans traitement par AVK, l’INR est normalement compris entre 0,8 et 1,2.

  4. 4Quelle est la zone cible habituelle de l’INR chez un patient traité par AVK ?

    Sous AVK, la cible d’INR se situe en principe entre 2 et 3, à adapter selon l’indication médicale et la prescription.

  5. 5Que signifie un INR élevé par rapport à la cible chez un patient sous AVK ?

    Un INR trop élevé par rapport à la cible traduit un risque hémorragique augmenté, surtout si des signes de saignement sont présents.

  6. 6Que mesure le TCA (temps de céphaline activée) ?

    Le TCA explore la voie intrinsèque et la voie commune de la coagulation, permettant notamment la surveillance de l’héparine non fractionnée.

  7. 7Quelles sont les valeurs normales usuelles du TCA ?

    Le TCA est habituellement d’environ 30 à 40 secondes, soit un ratio patient/témoin autour de 0,8 à 1,2, selon les réactifs du laboratoire.

  8. 8Quel type de tube est utilisé pour un bilan de coagulation (TP, INR, TCA) et pourquoi ?

    On utilise un tube citraté (souvent bouchon bleu) contenant du citrate de sodium, qui chélate le calcium pour empêcher la coagulation jusqu’à l’analyse au laboratoire.

  9. 9Pourquoi est-il important de remplir correctement le tube citraté pour le bilan de coagulation ?

    Un remplissage incomplet modifie le rapport sang/citrate et peut fausser les résultats, notamment en allongeant artificiellement les temps de coagulation.

  10. 10Citer trois signes cliniques évocateurs d’un saignement chez un patient sous anticoagulant.

    Parmi les signes évocateurs : hématomes spontanés, gingivorragies ou épistaxis, sang dans les urines ou selles, ainsi que des règles très abondantes.

  11. 11Quel est le rôle infirmier avant un geste invasif chez un patient sous AVK ?

    L’infirmier vérifie l’INR, s’assure qu’il est compatible avec le geste prévu, adapte si possible les soins (éviter IM, compression prolongée) et prévient le médecin en cas d’anomalie.

  12. 12Pourquoi ne faut-il pas prélever un bilan de coagulation sur une perfusion en cours d’héparine ?

    Parce que le sang serait trop chargé en héparine au point de ponction, ce qui fausserait les résultats du TP/INR et surtout du TCA, les rendant interprétables à tort.

7 QCM corrigés

Une ou plusieurs réponses justes par question. Coche, puis « Vérifier » : la question n’est juste que si tu as toutes les bonnes cases, comme à l’examen.

  1. 1. Quel paramètre explore principalement la voie extrinsèque de la coagulation ?

    Voir la correction

    Bonne réponse : B.

    Le TP/INR explore surtout la voie extrinsèque et la voie commune. Le TCA explore la voie intrinsèque, le temps de saignement et la numération plaquettaire concernent l’hémostase primaire.

  2. 2. Quelles affirmations à propos de l’INR sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C, D.

    Un INR ≈1 est normal sans AVK. Sous AVK, la cible est souvent entre 2 et 3. Un INR élevé signifie un allongement du TP (sang plus « fluide ») et augmente le risque de saignement, pas de thrombose.

  3. 3. Concernant le TCA, quelles propositions sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C, D.

    Le TCA explore la voie intrinsèque, pas la voie extrinsèque. Il est utilisé pour surveiller l’héparine non fractionnée ; un TCA très allongé augmente le risque de saignement.

  4. 4. À propos du prélèvement pour bilan de coagulation (TP, INR, TCA), quelles affirmations sont justes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, D.

    On utilise un tube citraté suffisamment rempli ; un sous-remplissage et un garrot prolongé faussent les résultats. On évite de prélever sur une perfusion d’héparine et on mélange doucement, sans secouer énergiquement.

  5. 5. Quels sont des signes cliniques devant alerter chez un patient sous anticoagulant avec INR élevé ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, D, E.

    Hématomes, céphalées brutales, hématurie et signes de choc (pâleur, sueurs, tachycardie) sont évocateurs de saignement. L’absence de saignement n’est pas un signe d’alerte en soi.

  6. 6. Quelles conduites infirmières sont adaptées chez un patient sous AVK avec bilan de coagulation très perturbé (INR très élevé) ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : B, C, D.

    La surveillance du saignement, l’alerte médicale et la compression prolongée sont adaptées. Les injections IM sont à éviter, et l’infirmier ne modifie jamais seul la dose d’AVK.

  7. 7. Lequel ou lesquels de ces résultats de bilan sont cohérents avec un risque hémorragique augmenté ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C, E.

    Un TP très bas, un TCA très allongé sous héparine et un INR à 4,5 avec saignements évoquent un risque hémorragique. Un INR à 1 sous AVK évoque plutôt un risque thrombotique, et des constantes normales sans signe clinique ne suggèrent pas d’hémorragie active.

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