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IFSIUE 2.1 Biologie fondamentaleUE B.1 · référentiel 2026 9 min22 octobre 2026

Bilan hépatique : normes, transaminases, gamma GT, phosphatases alcalines, bilirubine

Fiche sur le bilan hépatique pour l’IFSI : ASAT/ALAT, gamma GT, phosphatases alcalines, bilirubine. Mécanismes, causes fréquentes d’élévation et rôle infirmier en surveillance.

Fiche générée par l'IA de Pharo à partir d'un cours type, relue par un second modèle. Ton cours, ta prescription et les protocoles de ton établissement font foi.

Résumé du cours

L’essentiel du bilan hépatique

  • Le bilan hépatique explore surtout deux types d’atteinte : cytolyse (destruction des hépatocytes) et cholestase (obstacle à l’évacuation de la bile).
  • ASAT/ALAT élevées orientent vers une cytolyse hépatique ; gamma GT et phosphatases alcalines élevées orientent vers une cholestase.
  • La bilirubine élevée (surtout conjuguée) se traduit cliniquement par un ictère et une coloration foncée des urines.
  • Les causes fréquentes : hépatites (virales, toxiques, alcool), stéatose, obstruction biliaire (lithiase, tumeur), médicaments.
  • Rôle infirmier : repérer les signes (ictère, prurit, asthénie, douleurs), surveiller les bilans, signaler rapidement toute aggravation.
  • Toute anomalie importante du bilan hépatique impose une évaluation médicale et une adaptation des thérapeutiques (médicaments hépatotoxiques, nutrition).

Rappels sur le foie et le bilan hépatique

  • Foie : organe central du métabolisme (glucides, lipides, protéines), de la détoxification, de la synthèse (facteurs de coagulation, albumine) et de la production de bile.
  • Le bilan hépatique n’est pas unique : il regroupe plusieurs dosages sanguins interprétés ensemble.
  • Principaux paramètres étudiés en soins infirmiers : ASAT, ALAT, gamma GT, phosphatases alcalines, bilirubine totale et conjuguée.
  • L’interprétation se fait toujours en fonction du contexte clinique (symptômes, traitements, antécédents, imagerie éventuelle).

Transaminases : ASAT et ALAT

Définitions et rôles

  • Les transaminases (ou aminotransférases) sont des enzymes intracellulaires.
  • ALAT (ALT) : principalement dans le foie, plus spécifique de l’atteinte hépatique.
  • ASAT (AST) : présentes dans le foie mais aussi dans le muscle, le cœur, les globules rouges.

Normes usuelles (ordres de grandeur)

  • ALAT : environ jusqu’à 35–40 UI/L.
  • ASAT : environ jusqu’à 35–40 UI/L.
  • Les limites exactes varient selon le laboratoire ; toujours se référer aux normes indiquées sur le compte-rendu.

Cytolyse hépatique

  • Une élévation franche des ASAT/ALAT traduit une cytolyse hépatique (destruction des hépatocytes).
  • Causes fréquentes :
  • Hépatites virales (A, B, C…),
  • Hépatites toxiques (alcool, médicaments, toxiques industriels…),
  • Stéatohépatite (foie gras lié à l’alcool ou au syndrome métabolique),
  • Ischémie hépatique (choc, insuffisance cardiaque sévère).
  • ALAT souvent plus élevées que les ASAT dans les hépatites virales ou métaboliques.
  • Rapport ASAT/ALAT > 2 évoque souvent une atteinte alcoolique (à confronter au contexte).

Impact pour la pratique infirmière

  • Surveiller la fatigue intense, les nausées, l’anorexie, les douleurs de l’hypocondre droit.
  • Repérer un ictère débutant : conjonctives jaunes, urine foncée, selles décolorées.
  • Vérifier les traitements en cours connus pour être hépatotoxiques et signaler au médecin toute élévation importante.
  • Noter les valeurs et leur évolution dans le dossier, signaler toute majoration rapide des transaminases.

Gamma GT (GGT)

Définition

  • Les gamma GT sont des enzymes situées dans les membranes des cellules hépatiques et des voies biliaires.
  • Autres localisations possibles : rein, pancréas, intestin.

Normes usuelles et signification

  • Valeurs normales : de l’ordre de quelques dizaines d’UI/L (se référer au laboratoire, les normes varient selon le sexe et l’âge).
  • Gamma GT élevées orientent vers une souffrance hépatobiliaire, en particulier liée à l’alcool ou à une cholestase.

Causes fréquentes d’élévation

  • Consommation chronique d’alcool.
  • Médicaments inducteurs enzymatiques (certains antiépileptiques, etc.).
  • Cholestase intra- ou extra-hépatique (lithiase biliaire, tumeur, compression des voies biliaires).
  • Stéatose hépatique non alcoolique.

Surveillance infirmière

  • Un gamma GT isolément élevé sans signe clinique immédiat impose souvent une surveillance et un interrogatoire (alcool, médicaments, automédication).
  • En présence d’autres anomalies (phosphatases alcalines, bilirubine, douleurs, ictère), informer rapidement le médecin.
  • Eduquer le patient sur l’impact de l’alcool et de certains médicaments sur le foie.

Phosphatases alcalines (PAL)

Rôle et origine

  • Les phosphatases alcalines sont des enzymes présentes dans plusieurs tissus : foie (voies biliaires), os, intestin.
  • Dans le bilan hépatique, elles sont interprétées avec gamma GT pour apprécier une cholestase.

Normes usuelles et signification

  • Valeurs normales : quelques dizaines à une centaine d’UI/L environ (référence du laboratoire à respecter).
  • PAL élevées + gamma GT élevées : en faveur d’une cholestase d’origine hépatobiliaire.
  • PAL élevées isolées peuvent être d’origine osseuse (croissance, pathologie osseuse) ou autres.

Situations cliniques fréquentes

  • Obstruction des voies biliaires : lithiase (calcul), tumeur pancréatique, tumeur des voies biliaires.
  • Cholestase intrahépatique (certaines hépatites, maladies cholestatiques chroniques).

Rôle infirmier

  • Surveiller l’apparition d’un ictère, de douleurs de l’hypocondre droit, d’une fièvre (suspicion de cholangite).
  • Signaler toute association : PAL + gamma GT + bilirubine élevées avec fièvre et douleurs (urgence potentielle).
  • Participer à la préparation des examens complémentaires (échographie hépatobiliaire, bilan plus complet) si prescrits.

Bilirubine : totale et conjuguée

Origine et métabolisme

  • La bilirubine provient de la dégradation de l’hémoglobine des globules rouges.
  • Transportée sous forme non conjuguée (indirecte) vers le foie.
  • Conjuguée dans le foie pour devenir hydrosoluble (bilirubine conjuguée ou directe), puis excrétée dans la bile vers l’intestin.

Normes usuelles

  • Bilirubine totale : environ < 17 µmol/L (valeurs variables selon le laboratoire).
  • L’augmentation peut toucher surtout la fraction non conjuguée (hémolyse, défaut de conjugaison) ou la fraction conjuguée (cholestase, obstruction).

Ictère et signes cliniques

  • L’ictère apparaît lorsque la bilirubine sanguine dépasse nettement la normale : coloration jaune de la peau et des conjonctives.
  • Bilirubine conjuguée élevée : urines foncées, selles décolorées (cholestase, obstruction biliaire).
  • Peut s’y associer : prurit, fatigue, nausées, douleurs de l’hypocondre droit.

Situations fréquentes

  • Avant-hépatique : hémolyse (augmentation de bilirubine non conjuguée, transaminases souvent normales).
  • Hépatique : atteinte des hépatocytes (hépatites, cirrhose, stéatose sévère) : bilirubine + transaminases élevées.
  • Post-hépatique (cholestase) : obstacle sur les voies biliaires (calcul, tumeur) : bilirubine conjuguée + PAL + gamma GT élevées.

Rôle infirmier

  • Surveiller la couleur de la peau, des sclérotiques, des urines et des selles.
  • Noter l’intensité du prurit (risque de lésions de grattage, altération du sommeil, qualité de vie).
  • Informer le médecin de toute apparition ou aggravation rapide d’un ictère.

Interprétation globale : cytolyse vs cholestase

Profil cytolyse

  • Transaminases (ASAT/ALAT) nettement élevées.
  • Gamma GT et PAL normales ou modérément augmentées.
  • Bilirubine parfois normale ou modérément augmentée.
  • Evoque une atteinte hépatocellulaire.

Profil cholestase

  • Gamma GT et phosphatases alcalines très élevées.
  • Bilirubine (surtout conjuguée) souvent augmentée.
  • Transaminases normales ou peu augmentées.
  • Evoque un obstacle biliaire ou une atteinte des voies biliaires.

Conduite infirmière générale

  • Surveiller régulièrement les bilans sanguins demandés et leur évolution.
  • Rechercher systématiquement : fièvre, douleurs abdominales, troubles digestifs, asthénie, amaigrissement.
  • Signaler en urgence : douleurs intenses de l’hypocondre droit, fièvre, ictère récent (triade évocatrice de cholangite), troubles de conscience (risque d’encéphalopathie hépatique), hémorragies (ecchymoses, gingivorragies).
  • Eduquer le patient : limiter alcool, automédication, produits potentiellement hépatotoxiques, importance du suivi des bilans.

À retenir

  • ASAT/ALAT élevées = cytolyse hépatique ; gamma GT + PAL élevées = cholestase probable.
  • La bilirubine (surtout conjuguée) explique l’ictère et la coloration foncée des urines.
  • L’interprétation du bilan hépatique se fait toujours en contexte clinique et sur la dynamique des valeurs.
  • Le rôle infirmier est central pour repérer précocement ictère, douleurs, fièvre, prurit et évolutions biologiques.
  • Toute association douleurs hypochondre droit + fièvre + ictère ou aggravation rapide impose un signalement urgent au médecin.

11 flashcards pour mémoriser

Lis la question, cherche la réponse, puis ouvre la carte pour vérifier.

  1. 1Que signale principalement une élévation importante des transaminases (ASAT/ALAT) ?

    Une élévation importante des ASAT/ALAT traduit une cytolyse hépatique, c’est-à-dire une destruction des hépatocytes, comme dans les hépatites virales, toxiques ou certaines stéatopathies.

  2. 2Pourquoi l’ALAT est-elle plus spécifique du foie que l’ASAT ?

    L’ALAT est principalement localisée dans le foie, alors que l’ASAT se trouve aussi dans le muscle, le cœur et les globules rouges, ce qui la rend moins spécifique d’une atteinte hépatique.

  3. 3Quel profil biologique évoque une cholestase hépatobiliaire ?

    Une cholestase est évoquée par des gamma GT et des phosphatases alcalines fortement élevées, souvent associées à une bilirubine conjuguée augmentée, avec des transaminases normales ou peu élevées.

  4. 4Quelles sont les causes fréquentes d’augmentation des gamma GT ?

    Les causes fréquentes sont la consommation chronique d’alcool, certains médicaments inducteurs enzymatiques, la stéatose et les cholestases (obstruction biliaire, maladies des voies biliaires).

  5. 5Quel lien existe-t-il entre bilirubine conjuguée et colorations des urines et selles ?

    Une bilirubine conjuguée élevée entraîne des urines foncées, et en cas de cholestase sévère, des selles décolorées par défaut d’élimination de pigments biliaires dans l’intestin.

  6. 6Qu’est-ce que l’ictère et à partir de quoi se manifeste-t-il ?

    L’ictère est une coloration jaune de la peau et des conjonctives liée à une augmentation significative de la bilirubine sanguine, souvent au-dessus de la normale de façon marquée.

  7. 7Pourquoi associe-t-on PAL et gamma GT pour interpréter le bilan hépatique ?

    Les PAL étant aussi d’origine osseuse, l’élévation conjointe des PAL et des gamma GT oriente vers une origine hépatobiliaire de l’augmentation des phosphatases alcalines.

  8. 8Quels signes cliniques doivent faire suspecter une urgence biliaire (cholangite) ?

    La triade douleurs intenses de l’hypocondre droit, fièvre et ictère doit faire suspecter une cholangite et être signalée en urgence au médecin.

  9. 9Quel est le rôle infirmier face à une élévation récente et importante des transaminases ?

    Il consiste à surveiller l’état clinique (fatigue, nausées, douleurs, ictère), à vérifier les traitements hépatotoxiques potentiels, à tracer l’évolution des valeurs et à alerter le médecin en cas d’aggravation.

  10. 10Que suggère un rapport ASAT/ALAT supérieur à 2 dans un contexte compatible ?

    Un rapport ASAT/ALAT > 2 évoque souvent une atteinte hépatique d’origine alcoolique, à interpréter avec l’interrogatoire et le contexte clinique.

  11. 11Quelles modifications de la peau et des muqueuses l’infirmier doit-il surveiller lors d’une cholestase ?

    Il doit rechercher un ictère (jaunissement de la peau et des conjonctives), des lésions de grattage liées au prurit et noter leur apparition ou aggravation.

6 QCM corrigés

Une ou plusieurs réponses justes par question. Coche, puis « Vérifier » : la question n’est juste que si tu as toutes les bonnes cases, comme à l’examen.

  1. 1. Une élévation isolée et importante des ALAT oriente en priorité vers :

    Voir la correction

    Bonne réponse : A.

    Les ALAT sont plus spécifiques du foie et une élévation importante isolée évoque une cytolyse hépatique. La cholestase s’accompagne surtout d’élévation de PAL et gamma GT, les pathologies osseuses touchent les PAL, et l’hémolyse augmente la bilirubine non conjuguée.

  2. 2. Quel profil biologique est le plus évocateur d’une cholestase extra-hépatique (obstacle biliaire) ?

    Voir la correction

    Bonne réponse : B.

    Une cholestase extra-hépatique se traduit typiquement par des gamma GT et PAL très élevées avec une bilirubine conjuguée augmentée. Les autres profils correspondent plutôt à cytolyse, hémolyse ou origine osseuse.

  3. 3. Parmi les signes cliniques suivants, lesquels sont typiquement associés à une cholestase ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, D.

    La cholestase donne un ictère, un prurit et des urines foncées. Les selles noires (méléna) évoquent plutôt un saignement digestif haut, sans lien direct avec une cholestase.

  4. 4. Quel(s) élément(s) doit/doivent alerter en urgence chez un patient avec bilan hépatique perturbé ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : B, C.

    La triade douleurs + fièvre + ictère suggère une cholangite, et l’aggravation rapide de l’ictère avec confusion fait craindre une atteinte hépatique sévère. Les autres situations nécessitent surveillance et avis médical mais sont moins urgentes.

  5. 5. Quelles affirmations concernant les gamma GT sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : B, C.

    Les gamma GT ne sont pas spécifiques du foie, mais augmentent fréquemment avec l’alcool et certains médicaments. Elles aident à préciser l’origine hépatobiliaire d’une élévation des PAL.

  6. 6. La bilirubine conjuguée :

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B.

    La bilirubine conjuguée est hydrosoluble, excrétée dans la bile et, si elle s’accumule, colore les urines en foncé. Elle augmente en cas de cholestase et provient de la conjugaison hépatique de la bilirubine issue des globules rouges, non de leur dégradation directe.

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