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IFSIUE 2.11 Pharmacologie et thérapeutiquesUE B.1 · référentiel 2026 9 min26 octobre 2026

Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : mécanisme, risques et surveillance

Fiche de révision sur les AINS pour étudiants en IFSI : mécanisme d’action, indications, effets indésirables majeurs, contre-indications, interactions et surveillance infirmière.

Fiche générée par l'IA de Pharo à partir d'un cours type, relue par un second modèle. Ton cours, ta prescription et les protocoles de ton établissement font foi.

Résumé du cours

L’essentiel

  • Les AINS inhibent les cyclo-oxygénases (COX-1 et COX-2), diminuant la synthèse des prostaglandines.
  • Principales indications : douleurs inflammatoires, fièvre en 2e intention, rhumatologie (arthrites, arthrose) et certaines douleurs ORL ou dentaires.
  • Effets indésirables majeurs : toxicité digestive (ulcère, hémorragie), insuffisance rénale aiguë et risque hémorragique accru.
  • Contre-indications importantes : ulcère évolutif, insuffisance rénale sévère, antécédent d’allergie AINS, 3e trimestre de grossesse.
  • Interactions à risque : anticoagulants, antiagrégants plaquettaires, autres AINS, corticoïdes, certains antihypertenseurs.
  • Rôle infirmier : vérifier indications/contre-indications, surveiller douleur, signes digestifs, rénaux, hémorragiques et éduquer le patient.

Mécanisme d’action des AINS

  • Les AINS inhibent les enzymes cyclo-oxygénases (COX), responsables de la transformation de l’acide arachidonique en prostaglandines et thromboxanes.
  • Il existe principalement COX-1 (constitutive, rôle physiologique) et COX-2 (inductible en cas d’inflammation).
  • En bloquant COX-2, les AINS diminuent la synthèse de prostaglandines pro-inflammatoires : effet antalgique, antipyrétique et anti-inflammatoire.
  • En bloquant COX-1, les AINS diminuent les prostaglandines protectrices de la muqueuse gastrique et celles qui participent à l’agrégation plaquettaire et à la perfusion rénale : origine de nombreux effets indésirables.
  • Certains AINS sont plus COX-2 sélectifs, visant à réduire la toxicité digestive, mais le risque rénal et cardiovasculaire reste présent.

Indications principales des AINS

  • Douleurs inflammatoires :
  • Rhumatismes inflammatoires (selon prescription médicale).
  • Lombalgies et douleurs musculo-squelettiques avec composante inflammatoire.
  • Douleurs aiguës :
  • Douleurs dentaires.
  • Douleurs ORL (otites, angines) chez l’adulte, avec prudence car risque de complications infectieuses aggravées.
  • Fièvre :
  • Antipyrétique, généralement en 2e intention après le paracétamol.
  • Autres utilisations selon prescription (ex. dysménorrhées douloureuses).

Points de vigilance sur les indications :

  • Toujours vérifier s’il existe une pathologie infectieuse grave possible (AINS peuvent masquer les signes et aggraver certaines infections).
  • Ne pas prolonger un traitement AINS au-delà de la durée prescrite sans réévaluation médicale.

Effets indésirables majeurs

Toxicité digestive

  • Diminution des prostaglandines protectrices gastriques → gastrite, ulcère gastrique ou duodénal, hémorragie digestive.
  • Symptômes : douleurs épigastriques, brûlures, nausées, vomissements, méléna (selles noires), hématémèse.
  • Risque accru chez : sujets âgés, antécédent d’ulcère, association AINS + corticoïdes, AINS + anticoagulants/antiagrégants.

Toxicité rénale

  • Les prostaglandines rénales participent au maintien du débit sanguin rénal.
  • Leur inhibition peut provoquer :
  • Insuffisance rénale aiguë fonctionnelle, surtout en cas de déshydratation, insuffisance cardiaque, cirrhose.
  • Rétention hydrosodée, œdèmes, aggravation d’une hypertension artérielle.

Risque de saignement

  • Inhibition de l’agrégation plaquettaire (variable selon les AINS).
  • Augmentation du risque hémorragique surtout en association avec :
  • Anticoagulants oraux ou injectables.
  • Antiagrégants plaquettaires.
  • Autres médicaments gastrotoxiques (corticoïdes).

Réactions d’hypersensibilité

  • Allergies cutanées : éruptions, urticaire, prurit.
  • Asthme induit par les AINS chez certains patients (dyspnée, sifflements).
  • Réactions graves rares mais possibles : œdème de Quincke, choc anaphylactique.

Autres effets

  • Céphalées, vertiges, bourdonnements d’oreille.
  • Allongement du temps de saignement.
  • Certains AINS peuvent augmenter le risque d’événements cardiovasculaires chez des patients à risque (variable selon les molécules).

Contre-indications des AINS

Principales contre-indications (à connaître au lit du patient) :

  • Allergie connue à un AINS ou réaction d’asthme induit par un AINS.
  • Ulcère gastroduodénal évolutif, hémorragie digestive en cours.
  • Insuffisance rénale sévère ou insuffisance hépatique sévère.
  • Insuffisance cardiaque sévère décompensée (prudence même dans les formes moins graves).
  • 3e trimestre de grossesse : AINS contre-indiqués (risques fœtaux et maternels).
  • Saignement actif ou trouble majeur de l’hémostase.

Précautions particulières :

  • Sujet âgé, surtout fragile ou polymédiqué.
  • Antécédent d’ulcère ou de saignement digestif.
  • Association à des traitements néphrotoxiques ou anticoagulants.

Populations à risque

  • Sujet âgé :
  • Risque augmenté de complications digestives, rénales et de chutes (hypotension, vertiges).
  • Surveillance clinique rapprochée indispensable.
  • Grossesse :
  • 3e trimestre : AINS formellement contre-indiqués.
  • 1er et 2e trimestres : à éviter, usage uniquement sur avis médical spécialisé si nécessaire.
  • Insuffisants rénaux, cardiaques, hépatiques :
  • Risque majeur de décompensation et d’insuffisance rénale aiguë.
  • Patients sous anticoagulants ou antiagrégants :
  • Majorations importantes du risque hémorragique.

Interactions médicamenteuses classiques

Interactions importantes pour la pratique infirmière :

  • AINS + anticoagulants oraux/injectables :
  • Risque hémorragique digestif et autre augmenté.
  • AINS + antiagrégants plaquettaires :
  • Potentialisation du risque de saignement.
  • AINS + autres AINS ou corticoïdes :
  • Synergie de toxicité digestive et rénale.
  • AINS + certains antihypertenseurs (ex. inhibiteurs de l’enzyme de conversion, antagonistes des récepteurs de l’angiotensine, diurétiques) :
  • Risque d’insuffisance rénale aiguë, diminution de l’efficacité antihypertensive.
  • AINS + médicaments néphrotoxiques :
  • Risque rénal augmenté (surveillance biologique renforcée).

Rôle et surveillance infirmière

Avant l’administration

  • Vérifier la prescription médicale (molécule, voie, durée, indication).
  • Rechercher dans le dossier :
  • Antécédents d’ulcère, hémorragie digestive, allergie AINS, asthme.
  • Insuffisance rénale, cardiaque, hépatique.
  • Grossesse possible ou en cours.
  • Vérifier les traitements associés : anticoagulants, antiagrégants, autres AINS, corticoïdes, diurétiques, etc.
  • Vérifier le statut d’hydratation (déshydratation = facteur de risque rénal).

Pendant le traitement

  • Surveiller l’efficacité antalgique : évaluation de la douleur (échelle adaptée), évolution de la mobilité.
  • Contrôler la température si indication antipyrétique.

Surveillance des effets indésirables :

  • Digestifs :
  • Questionner le patient : douleurs gastriques, brûlures, nausées.
  • Guetter méléna, vomissements sanglants, pâleur, asthénie inhabituelle.
  • Rénaux et hydriques :
  • Surveiller la diurèse, la prise de poids rapide, l’apparition d’œdèmes.
  • Surveiller la pression artérielle (risque d’HTA ou de décompensation cardiaque).
  • Hémorragiques :
  • Hématomes spontanés, saignements de nez, gingivorragies, saignement prolongé.
  • Respiratoires et allergiques :
  • Surveiller la survenue de dyspnée, sifflements, éruptions cutanées, œdèmes.

Conduite à tenir infirmière

  • En cas de signe d’alerte (douleurs gastriques intenses, saignement, dyspnée, réaction allergique, oligurie) :
  • Prévenir immédiatement le médecin.
  • Arrêter le médicament selon protocole ou avis médical.
  • Tracer systématiquement les observations et la surveillance dans le dossier.

Éducation du patient

  • Expliquer le but du traitement, la durée prévue, et les principaux risques.
  • Insister sur :
  • Ne pas doubler les AINS (automédication) sans avis médical.
  • Signaler rapidement toute douleur gastrique, tout saignement, toute gêne respiratoire.
  • Boire de façon adaptée (sauf restriction), éviter la déshydratation.

À retenir

  • Les AINS inhibent les COX, réduisent la douleur et l’inflammation mais exposent à des risques digestifs, rénaux et hémorragiques importants.
  • Principales contre-indications : allergie AINS, ulcère évolutif, insuffisance rénale sévère, 3e trimestre de grossesse.
  • Sujet âgé, insuffisants rénaux/cardiaques et patients sous anticoagulants sont particulièrement à risque.
  • La surveillance infirmière vise douleur, signes digestifs, diurèse, signes d’hémorragie et allergie.
  • L’éducation du patient limite l’automédication inappropriée et facilite le repérage précoce des effets indésirables.

12 flashcards pour mémoriser

Lis la question, cherche la réponse, puis ouvre la carte pour vérifier.

  1. 1Quel est le principal mécanisme d’action des AINS ?

    Les AINS inhibent les enzymes cyclo-oxygénases (COX-1 et COX-2), ce qui diminue la synthèse des prostaglandines impliquées dans l’inflammation, la douleur et la fièvre.

  2. 2Quelle est la différence entre COX-1 et COX-2 ?

    COX-1 est une enzyme constitutive impliquée dans des fonctions physiologiques (protection gastrique, perfusion rénale, agrégation plaquettaire), tandis que COX-2 est surtout inductible lors des phénomènes inflammatoires.

  3. 3Quelles sont les principales indications des AINS en pratique infirmière ?

    Les AINS sont indiqués dans les douleurs inflammatoires, certaines douleurs aiguës (musculo-squelettiques, dentaires, ORL) et comme antipyrétiques en seconde intention après le paracétamol.

  4. 4Quels sont les trois grands types d’effets indésirables à connaître pour les AINS ?

    Les AINS exposent surtout à des effets indésirables digestifs (ulcère, hémorragie), rénaux (insuffisance rénale aiguë, rétention hydrosodée) et hémorragiques (augmentation du risque de saignement).

  5. 5Pourquoi les AINS sont-ils à risque chez le sujet âgé ?

    Chez le sujet âgé, la fragilité digestive et rénale, la polymédication et les comorbidités augmentent le risque de complications graves, notamment hémorragiques et rénales.

  6. 6Pourquoi les AINS sont-ils contre-indiqués au 3e trimestre de la grossesse ?

    Au 3e trimestre, les AINS sont contre-indiqués car ils peuvent entraîner des complications fœtales et maternelles graves, notamment sur le plan cardiovasculaire et rénal fœtal.

  7. 7Quelles sont les principales contre-indications digestives aux AINS ?

    Les AINS sont contre-indiqués en cas d’ulcère gastroduodénal évolutif, d’hémorragie digestive en cours ou d’antécédents sévères non contrôlés, en raison du risque d’aggravation et de saignement.

  8. 8Quels médicaments augmentent fortement le risque hémorragique lorsqu’ils sont associés aux AINS ?

    Les anticoagulants (oraux ou injectables) et les antiagrégants plaquettaires augmentent fortement le risque de saignement lorsqu’ils sont associés aux AINS.

  9. 9Quels signes cliniques doivent alerter sur une toxicité digestive liée aux AINS ?

    Douleurs épigastriques, brûlures gastriques, nausées, vomissements sanglants, méléna (selles noires) et pâleur ou asthénie inhabituelles doivent faire suspecter une toxicité digestive.

  10. 10Quels éléments doivent être surveillés pour le risque rénal sous AINS ?

    Il faut surveiller la diurèse, la prise de poids rapide, la survenue d’œdèmes et l’évolution de la pression artérielle, surtout chez les patients à risque rénal.

  11. 11Quelle est la conduite infirmière en cas de suspicion de réaction allergique à un AINS ?

    Devant une éruption cutanée, une dyspnée, des sifflements ou un œdème, il faut arrêter immédiatement le médicament (selon protocole), alerter le médecin en urgence et surveiller les paramètres vitaux.

  12. 12Pourquoi l’automédication par AINS est-elle problématique ?

    L’automédication par AINS peut masquer des infections graves, augmenter le risque hémorragique ou rénal, et conduire à des associations dangereuses avec d’autres traitements sans surveillance médicale.

7 QCM corrigés

Une ou plusieurs réponses justes par question. Coche, puis « Vérifier » : la question n’est juste que si tu as toutes les bonnes cases, comme à l’examen.

  1. 1. Quel énoncé décrit le mieux l’action des AINS ?

    Voir la correction

    Bonne réponse : B.

    Les AINS inhibent les COX, ce qui réduit la production de prostaglandines. Ils n’agissent pas comme antagonistes des récepteurs de la douleur, ne stimulent pas la production de prostaglandines ni ne détruisent les plaquettes.

  2. 2. Parmi les propositions suivantes, quels sont des effets indésirables fréquents ou graves des AINS ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, D.

    Les AINS peuvent provoquer ulcères, insuffisance rénale aiguë et majorer le risque de saignement. Ils ne sont pas responsables d’hypoglycémie sévère en tant qu’effet attendu.

  3. 3. Dans quelles situations les AINS sont-ils contre-indiqués ou formellement déconseillés ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, C.

    Allergie AINS, ulcère évolutif et 3e trimestre de grossesse sont de vraies contre-indications. Un rhume simple ne constitue pas une contre-indication, même si l’indication d’un AINS y est discutable.

  4. 4. Quelles associations médicamenteuses avec les AINS exposent à un risque majoré ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, C.

    L’association aux anticoagulants, antiagrégants et corticoïdes majore surtout le risque hémorragique et digestif. L’association avec un antibiotique n’est pas dangereuse en soi, le risque dépend de la molécule et du contexte.

  5. 5. Quel est le rôle infirmier prioritaire lors de l’administration d’un AINS chez un patient âgé polymédiqué ?

    Voir la correction

    Bonne réponse : B.

    Chez le sujet âgé polymédiqué, le rôle infirmier est d’identifier les facteurs de risque (antécédents, traitements), de surveiller l’efficacité et les effets indésirables. Augmenter la dose ou arrêter tous les traitements serait dangereux.

  6. 6. Quels signes doivent faire suspecter une complication digestive grave sous AINS ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B.

    Douleurs épigastriques intenses, méléna ou hématémèse évoquent une atteinte digestive grave. La dyspnée isolée ou un prurit isolé orientent plutôt vers d’autres problèmes (cardio-respiratoire ou allergique modérée).

  7. 7. Chez un patient sous AINS et diurétique, quels éléments doivent être particulièrement surveillés ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B.

    L’association AINS + diurétique peut altérer la fonction rénale et la régulation tensionnelle : il faut surveiller diurèse, œdèmes et pression artérielle. La couleur des cheveux n’a pas d’intérêt clinique et la douleur thoracique n’est pas spécifique de cette association.

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