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Médecine et EDNNeurologieItem 340 EDN 11 min28 octobre 2026

AVC ischémique : démarche diagnostique, délais de thrombolyse et thrombectomie (fiche EDN)

Fiche complète d’AVC ischémique pour les EDN : clinique par territoire, imagerie, filière AVC, délais de thrombolyse et thrombectomie, et prévention secondaire.

Fiche générée par l'IA de Pharo à partir d'un cours type, relue par un second modèle. Ton cours, ta prescription et les protocoles de ton établissement font foi.

Résumé du cours

L’essentiel

  • L’AVC ischémique correspond à un déficit neurologique focal brutal d’origine vasculaire avec lésion ischémique cérébrale objectivable en imagerie.
  • Le diagnostic est clinique (début brutal, déficit focal) et confirmé par imagerie cérébrale en urgence, en pratique TDM sans injection, idéalement complétée par angio-TDM ± IRM.
  • La prise en charge est une urgence absolue : appel SAMU (15), admission prioritaire en UNV, évaluation NIHSS, imagerie, discussion reperfusion.
  • Thrombolyse IV possible si absence de contre-indication, dans une fenêtre standard jusqu’à 4 h 30 après début des symptômes (ou dernier moment vu normal).
  • Thrombectomie mécanique indiquée en cas d’occlusion de gros vaisseau, d’autant plus efficace qu’elle est précoce : fenêtre habituelle jusqu’à 6 h, possible jusqu’à 24 h chez des patients sélectionnés par imagerie.
  • La prévention secondaire repose sur le contrôle strict des facteurs de risque cardiovasculaires, l’antiagrégation ou l’anticoagulation selon le mécanisme, et la prise en charge en UNV pour réduire mortalité et handicap.

Définitions, épidémiologie, physiopathologie

  • AVC : déficit neurologique focal d’apparition brutale, d’origine vasculaire, durant > 24 h ou entraînant le décès, avec lésion objectivée.
  • AIT : symptômes neurologiques d’installation brutale, régressifs en moins de 1 h en pratique, sans lésion ischémique sur l’imagerie ; il a la même valeur d’alerte qu’un AVC.
  • En population générale, les AVC sont majoritairement ischémiques (ordre de grandeur : autour de 4 AVC sur 5).
  • L’AVC est une des causes principales de mortalité et la première cause de handicap acquis de l’adulte en France.

Physiopathologie

  • Mécanisme central : interruption du flux sanguin dans un territoire artériel cérébral → ischémie → mort neuronale.
  • Zone centrale : noyau infarci irréversible ; autour, pénombre ischémique potentiellement récupérable si reperfusion rapide.
  • Principaux mécanismes :
  • Athérothrombose des grosses artères (carotides, ACM proximale…).
  • Cardio-embolie (fibrillation atriale, thrombus intra-cardiaque…).
  • Lacunes (atteinte des petites artères perforantes par HTA chronique, diabète…).
  • Causes plus rares : dissection artérielle cervico-céphalique, causes hématologiques, vasculites, etc.

Clinique de l’AVC ischémique

Caractéristiques générales

  • Installation le plus souvent brutale, en quelques secondes ou minutes.
  • Déficit focal neurologique : moteur, sensitif, langage, visuel, cérébelleux, fonctions supérieures.
  • Conscience habituellement conservée ou peu altérée dans l’AVC ischémique isolé (trouble majeur de la conscience plus évocateur d’hémorragie, tronc cérébral, comorbidités…).
  • Notion de dernier moment vu normal indispensable (si réveil avec déficit : début = heure de l’endormissement en pratique courante).

Signes d’alerte typiques

  • Déviation de la bouche, faiblesse ou engourdissement d’un bras ou d’une jambe du même côté : déficit moteur/sensitif brutal.
  • Trouble du langage brutal : aphasie (parole incompréhensible, difficulté à trouver les mots) ou dysarthrie.
  • Troubles visuels brusques : amaurose monoculaire, hémianopsie latérale homonyme.
  • Troubles de l’équilibre et de la coordination, chute inexpliquée, vertiges intenses avec signes focaux.

Syndromes par territoire (à connaître pour les EDN)

  • Territoire carotidien (hémisphérique antérieur) :
  • Déficit moteur et/ou sensitif controlatéral (face, membre supérieur, ± membre inférieur).
  • Aphasie (si hémisphère dominant), négligence spatiale (si hémisphère mineur).
  • AVC de l’ACM : souvent hémiparésie brachio-faciale, déviation de la tête et des yeux vers la lésion, aphasie ou négligence.
  • AVC de l’ACA : déficit crural prédominant (jambe), troubles comportementaux, troubles urinaires.
  • Territoire vertébro-basilaire (postérieur) :
  • Atteinte du tronc cérébral : diplopie, dysphagie, dysarthrie, syndrome alterne, troubles de la conscience possibles.
  • Atteinte cérébelleuse : syndrome cérébelleux statique et cinétique (ataxie, dysmétrie, nystagmus).
  • Atteinte occipitale : déficit visuel (hémianopsie latérale homonyme, cécité corticale).
  • Infarctus lacunaires (atteinte des petites artères profondes) :
  • Syndromes lacunaires typiques : hémiparésie pure, hémianesthésie pure, hémiparésie-hémianesthésie, dysarthrie–main malhabile.
  • Pas de déficit cortico-supra-tentoriel (pas d’aphasie, pas d’héminégligence, pas d’hémianopsie homonyme isolée).

Démarche diagnostique en urgence

Conduite préhospitalière

  • Appel immédiat au SAMU – Centre 15 devant tout déficit neurologique brutal.
  • Transmission des informations essentielles : heure de début ou dernier vu normal, symptômes, traitement habituel (anticoagulant, antiagrégant), comorbidités.
  • Orientation vers une Unité Neuro-Vasculaire (UNV) la plus proche, ou hôpital avec accès à l’UNV et à la neuroradiologie interventionnelle.

Évaluation initiale à l’hôpital

  • Accueil en filière urgence/UNV :
  • Mesure des paramètres vitaux (TA, SpO2, FR, FC, glycémie capillaire, T°, score de Glasgow).
  • Évaluation neurologique rapide, souvent par NIHSS (National Institutes of Health Stroke Scale) pour quantifier la sévérité.
  • Objectifs :
  • Confirmer la suspicion d’AVC.
  • Écarter les diagnostics différentiels (hypoglycémie, crise comitiale avec déficit post-critique, migraine avec aura, paralysie fonctionnelle, autres).
  • Apprécier l’éligibilité à la reperfusion (délais, sévérité, contre-indications).

Imagerie cérébrale et vasculaire

TDM cérébrale sans injection (imagerie de première ligne)

  • Examen le plus disponible, à réaliser en urgence (objectif : en pratique dans l’heure suivant l’arrivée).
  • Rôles :
  • Éliminer une hémorragie intracrânienne (contre-indication à la thrombolyse IV standard).
  • Apprécier des signes précoces d’ischémie (hypodensité, effacement des sillons) ; attention, TDM peut être normale très précocement.
  • Détecter des diagnostics alternatifs (tumeur, hématome sous-dural…).

Angio-TDM / angio-IRM des troncs supra-aortiques et intracrâniens

  • Permet la visualisation de l’arbre artériel :
  • Recherche d’occlusion de gros vaisseau (carotide interne, tronc de l’ACM, tronc basilaire…), indispensable pour indication de thrombectomie.
  • Recherche de sténoses serrées ou dissection.

IRM cérébrale

  • Diffusion (DWI) : très sensible pour détecter l’ischémie aiguë, même précoce.
  • FLAIR : distinction AVC récent vs ancien, évaluation de l’étendue ; mismatch DWI/FLAIR utile pour estimation de l’ancienneté lorsque l’heure de début est inconnue.
  • Perfusion (IRM ou scanner de perfusion) : évalue la pénombre ischémique (mismatch diffusion–perfusion ou clinique–imagerie) et aide à la sélection pour thrombolyse/thrombectomie tardive.
  • L’IRM est très intéressante, mais sa disponibilité peut être limitée en urgence ; la TDM reste le socle.

Filière urgente et délais de reperfusion

Principes généraux

  • « Time is brain » : chaque minute sans reperfusion entraîne une perte neuronale importante.
  • Deux types de reperfusion :
  • Thrombolyse IV (fibrinolyse systémique).
  • Thrombectomie mécanique (traitement endovasculaire).
  • La décision se fait toujours dans un centre compétent, idéalement en UNV, avec concertation neuro-vasculaire et neuroradiologique.

Thrombolyse intraveineuse

  • Indication : AVC ischémique avec déficit significatif (évalué cliniquement, souvent via NIHSS),
  • Diagnostic certain d’AVC ischémique.
  • Imagerie sans hémorragie ni infarctus massif déjà constitué.
  • Délai standard : jusqu’à 4 h 30 après le début des symptômes ou dernier vu normal.
  • Contre-indications majeures (principales à connaître) :
  • Hémorragie intracrânienne actuelle ou antécédent récent.
  • Suspicion de dissection aortique, neurochirurgie récente, traumatisme crânien récent grave.
  • HTA très sévère non contrôlée, troubles majeurs de l’hémostase.
  • Utilisation récente de certains anticoagulants avec anomalies de l’hémostase.
  • La décision est médicale spécialisée, intégrant le rapport bénéfice/risque.

Thrombectomie mécanique

  • Indications typiques :
  • Occlusion d’un gros vaisseau intracrânien (carotide interne, tronc M1 de l’ACM, tronc basilaire, etc.) documentée par angiographie (angio-TDM/IRM).
  • Déficit clinique significatif.
  • Délais usuels (à adapter aux recommandations actualisées et à l’avis spécialisé) :
  • Fenêtre standard : jusqu’à 6 heures après le début des symptômes.
  • Extension possible jusqu’à 24 heures chez des patients sélectionnés par imagerie (mismatch clinique–imagerie suggérant une pénombre importante et un infarctus constitué limité).
  • Peut être proposée seule ou en association à la thrombolyse IV (« bridging ») si cette dernière est indiquée.

Organisation pratique

  • Parcours type :
  • Appel 15 → régulation SAMU → transport médicalisé → entrée directe en imagerie → examen clinique + TDM ± angio-TDM → décision thrombolyse/thrombectomie.
  • En cas d’absence de plateau de neuroradiologie interventionnelle sur place, mise en place d’une filière de transfert rapide vers un centre de thrombectomie.

Prise en charge initiale hors reperfusion

  • Mesures générales en UNV :
  • Surveillance neurologique, tensionnelle, respiratoire et cardiaque rapprochée.
  • Correction d’une hypoglycémie ou d’une hyperglycémie majeure.
  • Contrôle prudent de la PA (objectifs adaptés au contexte, notamment aux traitements de reperfusion).
  • Correction des troubles hydro-électrolytiques, de la température (traitement de la fièvre).
  • Prévention précoce des complications : pneumonie d’inhalation, phlébite, escarres.
  • Kinésithérapie respiratoire, mobilisation et rééducation précoces selon l’état.

Bilan étiologique

  • Objectif : identifier le mécanisme de l’AVC pour adapter la prévention secondaire.
  • Bilan vasculaire :
  • Écho-Doppler des troncs supra-aortiques, angio-TDM/IRM, recherche de sténoses carotidiennes ou dissection.
  • Bilan cardiaque :
  • ECG et monitoring pour dépister une fibrillation atriale ou autres troubles du rythme.

11 flashcards pour mémoriser

Lis la question, cherche la réponse, puis ouvre la carte pour vérifier.

  1. 1Comment est définie l’attaque cérébrale ischémique transitoire (AIT) ?

    L’AIT correspond à des symptômes neurologiques focaux d’installation brutale, régressifs en moins de 24 h (en pratique souvent < 1 h), sans lésion ischémique visible sur l’imagerie. Elle a la même valeur d’alerte qu’un AVC constitué.

  2. 2Quels sont les trois principaux mécanismes d’AVC ischémique à connaître pour les EDN ?

    Les trois mécanismes principaux sont l’athérothrombose des grosses artères, la cardio-embolie (notamment liée à la fibrillation atriale) et les infarctus lacunaires liés à une maladie des petites artères (HTA, diabète).

  3. 3Quels signes cliniques évoquent un AVC du territoire carotidien (ACM dominante) ?

    Un AVC du territoire carotidien, surtout ACM dominante, se manifeste par un déficit moteur et/ou sensitif controlatéral prédominant à la face et au membre supérieur, une déviation de la tête et du regard vers la lésion et souvent une aphasie si l’hémisphère dominant est atteint.

  4. 4Quel est l’examen d’imagerie cérébrale de première intention devant un AVC suspecté en France ?

    L’examen de première intention est le scanner cérébral (TDM) sans injection, réalisé en urgence, pour exclure une hémorragie intracrânienne et rechercher des signes précoces d’ischémie.

  5. 5À quoi sert l’angio-TDM ou l’angio-IRM dans le bilan initial d’un AVC ischémique ?

    L’angio-TDM ou l’angio-IRM permet d’explorer l’arbre artériel cervico-encéphalique, de dépister une occlusion de gros vaisseau justifiant une thrombectomie et de rechercher des sténoses serrées ou une dissection.

  6. 6Quel est le principe de la thrombolyse intraveineuse dans l’AVC ischémique ?

    La thrombolyse IV consiste à administrer un agent fibrinolytique pour dissoudre le thrombus, restaurer le flux sanguin et sauver la pénombre ischémique, chez des patients sélectionnés, dans une fenêtre de temps limitée et sans contre-indication majeure.

  7. 7Dans quel type de lésion vasculaire cérébrale la thrombectomie mécanique est-elle indiquée ?

    La thrombectomie mécanique est indiquée en cas d’occlusion de gros vaisseaux intracrâniens (carotide interne, segment proximal de l’ACM, tronc basilaire…), documentée par imagerie vasculaire, chez des patients présentant un déficit significatif.

  8. 8Quels sont les principaux objectifs de la prise en charge en Unité Neuro-Vasculaire (UNV) ?

    En UNV, les objectifs sont la surveillance clinique et hémodynamique rapprochée, la prévention et le traitement des complications, l’organisation des traitements de reperfusion, le bilan étiologique complet et le démarrage précoce de la rééducation et de la prévention secondaire.

  9. 9Quelle est la stratégie antithrombotique en prévention secondaire d’un AVC athérothrombotique ?

    En prévention secondaire d’un AVC athérothrombotique, la stratégie repose sur un traitement antiagrégant plaquettaire au long cours, associé au contrôle strict des facteurs de risque cardiovasculaires.

  10. 10Dans quel cas un traitement anticoagulant est-il indiqué en prévention secondaire après AVC ischémique ?

    Un traitement anticoagulant au long cours est indiqué en prévention secondaire en cas de mécanisme cardio-embolique identifié, en particulier en présence de fibrillation atriale ou de thrombus intracardiaque, selon les recommandations.

  11. 11Pourquoi un AIT doit-il être considéré comme une urgence diagnostique et thérapeutique ?

    Un AIT annonce un risque élevé d’AVC constitué dans les jours ou semaines suivantes ; il impose donc une prise en charge rapide, un bilan étiologique et la mise en route immédiate d’une prévention secondaire adaptée.

6 QCM corrigés

Une ou plusieurs réponses justes par question. Coche, puis « Vérifier » : la question n’est juste que si tu as toutes les bonnes cases, comme à l’examen.

  1. 1. À propos de l’épidémiologie et de la définition de l’AVC ischémique, quelles propositions sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, D.

    Les AVC sont majoritairement ischémiques, l’AIT associe régression des symptômes et absence de lésion ischémique visible, et l’AVC ischémique est une cause majeure de handicap. La proposition 3 est fausse car la définition impose une cause vasculaire, pas « quelle qu’en soit la cause ».

  2. 2. Devant un déficit neurologique focal brutal, quels éléments orientent vers un AVC du territoire carotidien ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B.

    L’hémiparésie brachio-faciale et l’aphasie (hémisphère dominant) sont typiques d’un AVC carotidien (ACM). Le syndrome cérébelleux pur évoque plutôt un territoire vertébro-basilaire et une hémianopsie isolée est surtout liée au territoire postérieur occipital.

  3. 3. Concernant l’imagerie dans l’AVC ischémique, quelles affirmations sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C, D.

    Le scanner sans injection est l’examen de première intention et l’angio-TDM visualise les gros vaisseaux. L’IRM diffusion est très sensible pour l’ischémie aiguë. La TDM peut être normale très précocement mais pas « toujours » : les signes précoces peuvent être visibles.

  4. 4. À propos des traitements de reperfusion dans l’AVC ischémique, quelle(s) proposition(s) est/sont exacte(s) ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, D.

    La thrombolyse IV nécessite l’exclusion d’une hémorragie et se fait dans une fenêtre précoce de quelques heures. La thrombectomie mécanique requiert la preuve d’une occlusion de gros vaisseau à l’imagerie, ce qui rend la proposition 3 fausse.

  5. 5. Concernant la prévention secondaire de l’AVC ischémique, quelle proposition est fausse ?

    Voir la correction

    Bonne réponse : D.

    Même en cas d’AVC cryptogénique, un traitement antithrombotique (souvent antiagrégant) est généralement instauré. Le contrôle des facteurs de risque et les stratégies antiagrégantes ou anticoagulantes selon le mécanisme sont corrects.

  6. 6. À propos de la filière de prise en charge de l’AVC ischémique en France, quelles réponses sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, D.

    L’appel au 15, l’orientation vers une UNV et l’utilisation du NIHSS font partie de la filière AVC. L’imagerie doit être réalisée en urgence, même si les symptômes régressent, pour confirmer le diagnostic et envisager un traitement de reperfusion ; elle ne doit pas être différée à 24 h.

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