Résumé du cours
L’essentiel
- Le potentiel de repos neuronal est d’environ −70 mV, maintenu par la perméabilité sélective aux ions K+ et la pompe Na+/K+ ATPase.
- L’équation de Nernst donne le potentiel d’équilibre d’un ion en fonction de son gradient de concentration transmembranaire.
- Le potentiel d’action est un phénomène tout ou rien, dépendant de l’activation séquentielle des canaux Na+ et K+ voltage-dépendants.
- Les périodes réfractaires absolue et relative limitent la fréquence maximale de décharge et assurent la conduction unidirectionnelle.
- La conduction saltatoire dans les fibres myélinisées augmente vitesse et économie énergétique de propagation.
- L’information est codée en fréquence de potentiels d’action, pas en amplitude (qui est stéréotypée).
Potentiel de repos de membrane
- Le neurone présente un potentiel de repos Em ≈ −70 mV (valeur d’ordre de grandeur, variable selon le type cellulaire).
- Il résulte principalement :
- d’une forte perméabilité au K+ (canaux de fuite ouverts au repos),
- d’une faible perméabilité au Na+ et Cl−,
- de l’action de la pompe Na+/K+ ATPase (sort 3 Na+ pour 2 K+ entrés, consommant de l’ATP).
- Le potentiel de repos est proche du potentiel d’équilibre du K+ (EK) car la membrane est surtout perméable au K+ au repos.
- Les concentrations usuelles (ordre de grandeur) :
- Na+ : élevé en extracellulaire, faible en intracellulaire.
- K+ : élevé en intracellulaire, faible en extracellulaire.
- Toute modification durable d’Em implique une modification de la perméabilité ionique ou des gradients ioniques.
Équation de Nernst (en une ligne)
- Pour un ion monovalent à 37 °C, le potentiel d’équilibre Eion est donné approximativement par :
Eion (mV) ≈ 61 × log10 ([ion]ext / [ion]int)
- Cette équation donne le potentiel pour lequel le flux net de l’ion est nul (équilibre électrochimique).
- Elle s’applique individuellement à chaque ion, en conditions d’équilibre et membrane perméable uniquement à cet ion.
Canaux voltage-dépendants Na+ et K+
- Les canaux Na+ voltage-dépendants :
- S’ouvrent rapidement lors de la dépolarisation (vers −50 / −55 mV, seuil approximatif).
- Possèdent 2 "portes" : d’activation (m) et d’inactivation (h).
- Entrée rapide de Na+ → dépolarisation brutale vers des valeurs positives (+30 à +40 mV).
- Les canaux K+ voltage-dépendants :
- S’ouvrent plus lentement, pour des potentiels similaires de seuil.
- Provoquent une sortie de K+ → repolarisation puis hyperpolarisation.
- Propriétés essentielles :
- Dépendance au voltage (probabilité d’ouverture augmente avec la dépolarisation).
- Cinétique différente Na+ vs K+, à l’origine de la forme typique du potentiel d’action.
Phases du potentiel d’action
1. Dépolarisation locale et phase seuil
- Un stimulus dépolarisant (potentiel local) ouvre quelques canaux Na+ voltage-dépendants.
- Si Em atteint le potentiel seuil (valeur typique vers −50 / −55 mV), un nombre suffisant de canaux Na+ s’ouvrent → phase explosive.
- Propriété tout ou rien : en dessous du seuil, pas de PA ; au-dessus, PA complet d’amplitude stéréotypée.
2. Phase ascendante (dépolarisation rapide)
- Ouverture massive des canaux Na+ voltage-dépendants.
- Entrée de Na+ selon son gradient électrochimique → Em se rapproche de ENa (positif).
- Em atteint des valeurs positives (≈ +30 / +40 mV).
3. Inactivation du Na+ et repolarisation
- Les canaux Na+ s’inactivent (fermeture de la porte h) malgré le maintien d’une dépolarisation : cinétique intrinsèque.
- Les canaux K+ voltage-dépendants, ouverts plus lentement, augmentent la sortie de K+.
- Em retourne vers des valeurs négatives (repolarisation vers le potentiel de repos).
4. Post-hyperpolarisation
- Les canaux K+ voltage-dépendants restent transitoirement plus ouverts que les canaux de fuite.
- Em devient plus négatif que le potentiel de repos (hyperpolarisation transitoire).
- Retour progressif au potentiel de repos par fermeture des canaux K+ voltage-dépendants et action continue de la pompe Na+/K+.
Périodes réfractaires
Période réfractaire absolue
- Correspond à la phase du PA où aucun nouveau potentiel d’action ne peut être déclenché, quelle que soit l’intensité du stimulus.
- Liée à l’inactivation des canaux Na+ : tant qu’ils sont inactivés, impossible de les rouvrir.
- S’étend généralement de la dépolarisation maximale au début de la repolarisation.
Période réfractaire relative
- Phase suivant la période absolue, durant l’hyperpolarisation et le retour au repos.
- Un PA peut être généré, mais seulement par un stimulus plus intense que la normale.
- Due à :
- hyperpolarisation (Em plus négatif que le repos),
- persistance d’une fraction de canaux K+ ouverts et/ou de canaux Na+ encore inactivés.
- Conséquences fonctionnelles :
- Limitation de la fréquence maximale de décharge.
- Conduction préférentiellement unidirectionnelle le long de l’axone.
Conduction de l’influx nerveux
Fibres non myélinisées
- Propagation continue du PA de proche en proche le long de la membrane.
- Chaque segment dépolarisé dépolarise le segment voisin via les courants locaux.
- Vitesse de conduction modérée, dépendant du diamètre de la fibre.
Fibres myélinisées et conduction saltatoire
- Présence de gaines de myéline (cellules de Schwann / oligodendrocytes) entourant l’axone.
- Les canaux Na+ et K+ voltage-dépendants sont concentrés au niveau des nœuds de Ranvier.
- Le PA "saute" de nœud en nœud : conduction saltatoire.
- Avantages :
- Augmentation importante de la vitesse de conduction.
- Réduction de la fuite ionique et donc de la dépense énergétique (moins de volumes à repolariser).
- La myéline augmente la résistance membranaire et diminue la capacité membranaire, facilitant la propagation des courants locaux.
Codage de l’information : fréquence des potentiels d’action
- L’amplitude du PA est stéréotypée pour un neurone donné (environ 100 mV de variation), donc non utilisable pour coder l’intensité d’un stimulus.
- C’est la fréquence des potentiels d’action qui varie avec l’intensité du stimulus (codage en fréquence).
- Un stimulus plus intense :
- génère une dépolarisation plus forte et/ou plus durable,
- déclenche une série plus dense de PA, limitée par la période réfractaire.
- Le système nerveux encode aussi l’information via :
- le recrutement d’un plus grand nombre de neurones,
- la durée de la décharge (train de potentiels d’action plus long).
Pièges classiques
- Confondre potentiel de repos (état stable) et potentiel d’équilibre d’un ion (Nernst, pour un ion isolé).
- Penser que la pompe Na+/K+ est seule responsable du potentiel d’action : elle maintient les gradients mais n’est pas directement responsable de la forme du PA.
- Oublier la cinétique différente des canaux Na+ et K+, essentielle à la séquence dépolarisation–repolarisation.
- Croire que la conduction saltatoire change l’amplitude du PA : elle augmente surtout la vitesse et l’efficacité énergétique.
- Assimiler période réfractaire absolue et relative : bien distinguer impossibilité totale vs besoin de stimulus plus fort.
À retenir
- Le potentiel de repos (≈ −70 mV) résulte principalement de la perméabilité au K+ et de la pompe Na+/K+.
- L’équation de Nernst permet de calculer le potentiel d’équilibre d’un ion à partir de son gradient de concentration.
- Le potentiel d’action est un phénomène tout ou rien, dû à l’activation séquentielle des canaux Na+ puis K+ voltage-dépendants.
- Les périodes réfractaires imposent une direction préférentielle de propagation et limitent la fréquence de décharge.
- La conduction saltatoire et le codage en fréquence sont essentiels à la rapidité et à la fiabilité de la transmission nerveuse.
11 flashcards pour mémoriser
Lis la question, cherche la réponse, puis ouvre la carte pour vérifier.
1Quelle est la valeur approximative du potentiel de repos d’un neurone et de quoi dépend-il surtout ?
Le potentiel de repos est d’environ −70 mV. Il dépend principalement de la forte perméabilité de la membrane au K+ et de l’action de la pompe Na+/K+ qui maintient les gradients Na+ et K+.
2Que donne l’équation de Nernst pour un ion et quelle est sa forme simplifiée à 37 °C pour un ion monovalent ?
L’équation de Nernst donne le potentiel d’équilibre d’un ion en fonction de son gradient de concentration. À 37 °C, pour un ion monovalent, Eion (mV) ≈ 61 × log10([ion]ext / [ion]int).
3Quelles sont les caractéristiques principales des canaux Na+ voltage-dépendants ?
Les canaux Na+ voltage-dépendants s’ouvrent rapidement lors de la dépolarisation, possèdent des portes d’activation et d’inactivation, et permettent une entrée rapide de Na+ responsable de la phase ascendante du potentiel d’action.
4Quelles sont les phases principales du potentiel d’action neuronal ?
Les phases sont : dépolarisation locale et seuil, phase ascendante (dépolarisation rapide), inactivation du Na+ et repolarisation par le K+, puis post-hyperpolarisation avant retour au potentiel de repos.
5Qu’est-ce que la période réfractaire absolue et à quoi est-elle due ?
La période réfractaire absolue est la phase pendant laquelle aucun nouveau potentiel d’action ne peut être déclenché. Elle est due à l’inactivation des canaux Na+ voltage-dépendants, qui les rend temporairement impossibles à rouvrir.
6Comment définir la période réfractaire relative ?
La période réfractaire relative suit la période absolue ; un potentiel d’action peut être généré mais nécessite un stimulus plus intense, car la membrane est hyperpolarisée et certains canaux K+ restent ouverts.
7En quoi consiste la conduction saltatoire dans les fibres myélinisées ?
La conduction saltatoire correspond au fait que le potentiel d’action se propage de nœud de Ranvier en nœud de Ranvier, grâce à la myéline qui isole les segments internodaux. Cela augmente la vitesse de conduction et réduit le coût énergétique.
8Pourquoi dit-on que le potentiel d’action est un phénomène « tout ou rien » ?
Parce qu’en dessous du potentiel seuil il n’y a pas de potentiel d’action, et qu’au-delà du seuil le potentiel d’action généré a une amplitude stéréotypée, indépendante de l’intensité supplémentaire du stimulus.
9Comment est codée l’intensité d’un stimulus dans le système nerveux ?
L’intensité d’un stimulus est codée par la fréquence des potentiels d’action et par le recrutement de neurones supplémentaires, et non par l’amplitude individuelle de chaque potentiel d’action.
10Quel est le rôle de la pompe Na+/K+ dans le potentiel de repos et le potentiel d’action ?
La pompe Na+/K+ maintient les gradients de Na+ et K+ nécessaires au potentiel de repos et à la capacité de générer des potentiels d’action. Elle n’est pas responsable de la forme instantanée du potentiel d’action lui-même.
11Pourquoi le potentiel de repos est-il proche du potentiel d’équilibre du K+ ?
Parce qu’au repos la membrane est beaucoup plus perméable au K+ qu’aux autres ions ; ainsi, Em se rapproche du potentiel d’équilibre du K+, décrit par l’équation de Nernst pour cet ion.
7 QCM corrigés
Une ou plusieurs réponses justes par question. Coche, puis « Vérifier » : la question n’est juste que si tu as toutes les bonnes cases, comme à l’examen.
1. Lequel des éléments suivants contribue directement au potentiel de repos d’un neurone ?
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Bonnes réponses : A, D.
La perméabilité au K+ et la pompe Na+/K+ sont des déterminants majeurs du potentiel de repos. L’ouverture massive des canaux Na+ caractérise la phase ascendante du PA, et la myéline influence la conduction, pas la valeur du repos.
2. À propos de l’équation de Nernst pour le K+ :
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Bonnes réponses : A, B.
Nernst donne le potentiel d’équilibre à partir du gradient de concentration et suppose une perméabilité sélective à l’ion considéré. Pour le K+, le potentiel est généralement négatif et l’équation dépend de la température.
3. Concernant les canaux Na+ voltage-dépendants :
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Bonnes réponses : B, C.
Les canaux Na+ ont une ouverture rapide et une inactivation dépendante du temps, à l’origine de la phase ascendante du PA et de la période réfractaire absolue. Ils ne s’ouvrent pas lentement et participent bien à la réfractarité.
4. La conduction saltatoire dans une fibre myélinisée :
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Bonnes réponses : A, B, C.
La myéline permet une conduction plus rapide et plus économe, avec des canaux Na+ concentrés aux nœuds. L’amplitude du PA reste stéréotypée, elle n’augmente pas à chaque nœud.
5. À propos des périodes réfractaires du potentiel d’action :
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Bonnes réponses : B, C, D.
Pendant la période absolue, aucun PA n’est possible, quel que soit le stimulus. La période relative nécessite un stimulus plus fort. L’inactivation des canaux Na+ fonde la période absolue, et ces périodes limitent la fréquence des PA.
6. Le codage de l’intensité d’un stimulus par un neurone sensoriel se fait principalement par :
Voir la correction
Bonnes réponses : B, D.
L’intensité est codée par la fréquence de décharge et le recrutement de neurones supplémentaires. L’amplitude des PA est stéréotypée et la myéline influence la vitesse de conduction, pas directement le codage d’intensité.
7. Quel énoncé est correct concernant le potentiel d’action ?
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Bonnes réponses : B, D.
Le PA est tout ou rien et s’accompagne d’une inversion transitoire de polarité (intérieur devenant positif). Son amplitude n’est pas graduée et les canaux K+ voltage-dépendants participent à la repolarisation.