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IFSIUE 2.11 Pharmacologie et thérapeutiquesUE B.1 · référentiel 2026 10 min2 novembre 2026

Insulines : types, délais d’action et surveillance (fiche IFSI)

Fiche de révision sur les différents types d’insuline, leurs délais d’action et la surveillance infirmière. Adaptée aux étudiants IFSI préparant l’UE 2.11 et les stages en diabétologie ou médecine.

Fiche générée par l'IA de Pharo à partir d'un cours type, relue par un second modèle. Ton cours, ta prescription et les protocoles de ton établissement font foi.

Résumé du cours

L’essentiel

  • Différents types d’insuline selon la rapidité et la durée d’action : ultra-rapide, rapide, intermédiaire et lente/basale.
  • Le choix du type d’insuline conditionne l’horaire des injections par rapport aux repas et la surveillance glycémique.
  • Les sites d’injection doivent être adaptés et la rotation systématique pour éviter lipodystrophies et variations d’absorption.
  • L’hypoglycémie est la complication aiguë principale : connaître signes, prévention et conduite à tenir.
  • Règles de sécurité infirmière : bon patient, bon produit, bonne dose (prescrite), bon moment, bonne voie, traçabilité et surveillance.
  • Aucune adaptation de dose n’est faite à l’initiative de l’IDE hors protocole écrit : se référer à la prescription médicale et aux protocoles de service.

Rappels sur l’insuline

  • Hormone sécrétée par le pancréas (cellules bêta des îlots de Langerhans).
  • Rôle : faire entrer le glucose dans les cellules (surtout muscle et tissu adipeux) et diminuer la glycémie.
  • En thérapeutique : insuline injectable (le plus souvent sous-cutanée) pour traiter principalement le diabète de type 1 et certains diabètes de type 2.
  • Objectifs du traitement : éviter hyperglycémies chroniques (complications à long terme) et variations extrêmes de glycémie (hypo/hyperglycémies aiguës).

Types d’insulines selon le profil d’action

Insulines ultra-rapides

  • Début d’action : environ 10 à 15 minutes après injection.
  • Pic d’action : autour de 1 heure.
  • Durée d’action : 3 à 5 heures environ.
  • Utilisation : insuline « prandiale » ou « bolo » injectée juste avant le repas (parfois juste après selon prescription).
  • Risque : hypoglycémie précoce si repas retardé, insuffisant ou vomissements.
  • Surveillance : contrôle glycémique perprandial/ postprandial selon protocole, vigilance dans les 2 à 3 heures suivant l’injection.

Insulines rapides (régulaires)

  • Début d’action : environ 30 minutes après injection.
  • Pic d’action : 2 à 4 heures.
  • Durée d’action : 6 à 8 heures environ.
  • Utilisation : couverture des repas, parfois pour corriger une hyperglycémie.
  • Particularité : nécessite un délai entre injection et repas (souvent 30 minutes, selon prescription).
  • Risque : hypoglycémie si l’intervalle injection/repas n’est pas respecté ou si repas insuffisant.

Insulines intermédiaires (NPH)

  • Début d’action : 1 à 2 heures.
  • Pic d’action : 4 à 8 heures.
  • Durée d’action : 12 à 18 heures environ.
  • Aspect : souvent trouble, nécessite une re-suspension douce (rouler le stylo/l’ampoule avant injection, selon consignes du fabricant).
  • Utilisation : couverture « de fond » (basale) ou schémas mixtes.
  • Risque : hypoglycémie à distance de l’injection (au moment du pic), parfois la nuit.

Insulines lentes / basales (analogues lents)

  • Début d’action : 1 à 2 heures environ.
  • Pas de vrai pic d’action marqué.
  • Durée d’action : environ 24 heures (parfois plus longue selon la molécule).
  • Utilisation : insuline basale, 1 fois/jour (parfois 2 fois/jour selon ordonnance).
  • Intérêt : profil plus stable, moins de variations, meilleure sécurité vis-à-vis des hypoglycémies nocturnes.
  • Surveillance : glycémies à jeun et parfois dans la nuit selon protocole.

Mélanges d’insuline (pré-mélangées)

  • Association fixe d’insuline rapide ou ultra-rapide avec insuline intermédiaire.
  • Une seule injection pour couvrir le repas + une partie des besoins basaux.
  • Avantage : simplification chez certains patients.
  • Inconvénient : rigidité des horaires, adaptation plus difficile ; surveillance renforcée.

Conséquences pratiques sur les horaires d’injection

  • Insulines ultra-rapides : injection en général immédiatement avant le repas (ou selon protocole) ; s’assurer que le repas est bien pris.
  • Insulines rapides : injection environ 30 minutes avant le repas ; coordonner avec l’arrivée du plateau.
  • Insulines intermédiaires ou lentes : souvent injectées à heure fixe (matin, soir ou les deux) indépendamment des repas, selon prescription.
  • Toute modification d’horaire (examen, chirurgie, jeûne) nécessite une réévaluation médicale du schéma d’insulinothérapie.

Sites d’injection et technique

Voie sous-cutanée

  • Voie habituelle pour la plupart des insulines (hors cas particuliers hospitaliers).
  • Aiguille courte, injection sous-cutanée à angle adapté (90° en général, 45° si maigreur importante) selon recommandations.

Principaux sites d’injection

  • Abdomen : absorption rapide et régulière, souvent privilégié pour les insulines rapides/ultra-rapides.
  • Cuisse : absorption plus lente, plutôt pour insulines intermédiaires ou lentes.
  • Fesse : absorption lente à intermédiaire.
  • Bras (face externe) : option possible mais technique parfois moins fiable.

Rotation des sites

  • Objectif : éviter lipohypertrophies, lipoatrophies et variations d’absorption.
  • Rotation recommandée à l’intérieur d’une même zone (ex. quadrillage sur l’abdomen) plutôt que changement de zone quotidien.
  • Inspection régulière de la peau : noter rougueurs, indurations, nodules, zones douloureuses.
  • Ne pas injecter dans : zones inflammatoires, cicatricielles, traumatisées, infectées.

Surveillance infirmière sous insuline

Paramètres à surveiller

  • Glycémies capillaires selon prescription et protocole (à jeun, avant repas, 2 h après repas, au coucher, en cas de malaise…).
  • Signes d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie.
  • Prise alimentaire réelle : quantité ingérée, nausées, vomissements.
  • Contexte particulier : fièvre, infection, chirurgie, jeûne, activité physique inhabituelle.
  • Lieux d’injection : état cutané, présence de lipodystrophies.

Règles de sécurité

  • Respect strict de la prescription : type d’insuline, heure, voie d’administration.
  • Vérifications systématiques : bon patient, bon médicament, bonne dose, bonne voie, bon moment.
  • Double vérification recommandée pour l’insuline selon procédures de l’établissement.
  • Traçabilité sur le dossier de soins : heure, site d’injection, type d’insuline, glycémies associées.
  • Ne jamais interrompre l’insulinothérapie (ne pas sauter les injections) chez un diabétique de type 1 sans décision médicale, en raison du risque rapide d’acidocétose.

Éducation du patient

  • Expliquer les horaires, les liens avec repas et activité physique.
  • Montrer la technique d’injection et la rotation des sites.
  • Apprendre à reconnaître les signes d’hypoglycémie et la conduite à tenir.
  • Insister sur l’importance de ne jamais changer de dose sans avis médical (sauf protocole écrit clairement compris).

Hypoglycémie sous insuline

Définition et causes

  • Glycémie trop basse, souvent < 0,70 g/L (seuil indicatif, peut varier selon patients et recommandations).
  • Causes fréquentes : excès relatif d’insuline, repas insuffisant ou sauté, effort physique inhabituel, alcool, vomissements, insuffisance rénale, erreurs de dose.

Signes cliniques

  • Signes d’alarme (activation sympathique) : sueurs froides, pâleur, tremblements, palpitations, faim brutale, angoisse.
  • Signes neuroglucopéniques : céphalées, troubles de la parole, troubles de la vue, confusion, troubles du comportement, somnolence, convulsions, coma.
  • Attention : chez certains patients (sujets âgés, diabète ancien), signes d’alarme moins marqués.

Conduite à tenir en cas d’hypoglycémie légère à modérée (patient conscient)

  • Vérifier si possible une glycémie capillaire.
  • Administrer du sucre d’action rapide par voie orale (quantité et forme selon protocole de l’établissement, ex : morceaux de sucre, jus sucré). Les valeurs sont définies par le protocole local.
  • Re-contrôler la glycémie après un délai donné (souvent 15 minutes, selon protocole).
  • Faire suivre par un apport glucidique plus lent (collation) pour éviter la rechute, en accord avec le protocole.
  • Noter l’épisode, prévenir le médecin, rechercher la cause (repas sauté, erreur d’injection…).

Conduite à tenir en cas d’hypoglycémie sévère

  • Signes : trouble de la conscience, impossibilité de prise orale sécurisée, convulsions, coma.
  • Mettre le patient en position latérale de sécurité si inconscient.
  • Ne rien donner par la bouche si conscience altérée (risque de fausse route).
  • Alerter immédiatement le médecin / équipe d’urgence.
  • Administration de traitement injectable ou perfusion selon protocole médical et ressources disponibles.
  • Surveillance rapprochée de la conscience et de la glycémie.

Prévention des hypoglycémies

  • Adapter les horaires d’injection aux repas.
  • Vérifier la prise alimentaire effective après injection.
  • Adapter l’activité physique en fonction des apports et de l’insuline (avec avis médical / protocole).
  • Surveiller plus étroitement personnes âgées, insuffisants rénaux, patients avec antécédents d’hypoglycémies sévères.

Situations particulières impactant la surveillance

  • Jeûne (examen, chirurgie) : peut nécessiter modification du schéma d’insuline, à anticiper avec le médecin.
  • Maladie aiguë (fièvre, infection) : déséquilibre glycémique possible (souvent hyperglycémie), surveillance rapprochée.
  • Vomissements, diarrhées : risque d’hypoglycémie si insuline injectée mais apports insuffisants.
  • Changement d’insuline (nouvelle molécule, nouveau dispositif) : surveillance glycémique renforcée au début.

À retenir

  • Le type d’insuline (ultra-rapide, rapide, intermédiaire, lente) détermine le début, le pic et la durée d’action, donc l’organisation des soins.
  • Les injections sont sous-cutanées, sur des zones à rotation systématique, avec inspection régulière de la peau.

10 flashcards pour mémoriser

Lis la question, cherche la réponse, puis ouvre la carte pour vérifier.

  1. 1Quels sont les principaux types d’insuline selon leur profil d’action ?

    On distingue principalement les insulines ultra-rapides, rapides, intermédiaires (NPH), lentes/basales et les mélanges pré-mélangés. Chaque type a un début, un pic et une durée d’action différents.

  2. 2Quel est l’intérêt principal des insulines lentes ou basales ?

    Les insulines lentes ou basales assurent un apport d’insuline de fond relativement stable sur 24 heures environ, avec peu ou pas de pic d’action, ce qui limite les variations glycémiques et le risque d’hypoglycémie nocturne.

  3. 3Pourquoi la rotation des sites d’injection d’insuline est-elle indispensable ?

    La rotation des sites évite les lipodystrophies (indurations, nodules, creux) qui perturbent l’absorption de l’insuline et peuvent entraîner des variations glycémiques importantes.

  4. 4Quels sont les principaux sites d’injection de l’insuline en sous-cutané ?

    Les principaux sites sont l’abdomen, la face externe des cuisses, la région fessière et la face externe des bras. L’abdomen offre en général une absorption plus rapide et régulière.

  5. 5Quels sont les signes d’alerte d’une hypoglycémie débutante ?

    Les signes d’alerte associent souvent sueurs froides, pâleur, tremblements, faim brutale, palpitations et sensation d’angoisse. Ils traduisent la réaction de défense de l’organisme à la glycémie basse.

  6. 6Quelle est la conduite à tenir infirmière de première intention en cas d’hypoglycémie chez un patient conscient ?

    Il faut mesurer la glycémie capillaire si possible, donner un sucre d’action rapide par voie orale selon le protocole du service, recontrôler la glycémie après le délai recommandé et faire suivre d’un apport glucidique plus lent.

  7. 7Comment adapter les horaires d’injection d’insuline ultra-rapide par rapport aux repas ?

    Les insulines ultra-rapides sont en général injectées immédiatement avant le repas, parfois juste après selon la prescription, en s’assurant que le repas sera effectivement pris.

  8. 8Quelles vérifications de sécurité sont indispensables avant une injection d’insuline ?

    Il faut vérifier le bon patient, le bon médicament (type d’insuline), la bonne dose prescrite, la bonne voie (SC le plus souvent), le bon moment, et assurer la traçabilité dans le dossier de soins.

  9. 9Pourquoi la surveillance de la prise alimentaire est-elle importante chez un patient sous insuline ?

    Car une dose d’insuline injectée sans apport glucidique suffisant (repas sauté ou diminué, vomissements) augmente fortement le risque d’hypoglycémie, parfois grave.

  10. 10En quoi l’aspect des insulines intermédiaires (NPH) a-t-il une conséquence pratique ?

    Les insulines intermédiaires ont souvent un aspect trouble et nécessitent une re-suspension douce avant injection (rouler le stylo ou l’ampoule), afin d’assurer une concentration homogène du produit.

7 QCM corrigés

Une ou plusieurs réponses justes par question. Coche, puis « Vérifier » : la question n’est juste que si tu as toutes les bonnes cases, comme à l’examen.

  1. 1. Concernant les types d’insuline, quelles affirmations sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C.

    Les insulines ultra-rapides commencent à agir en 10–15 min et les NPH ont un pic entre 4 et 8 h. Les insulines lentes n’ont pas de pic marqué, et toutes les insulines peuvent entraîner des hypoglycémies.

  2. 2. À propos des sites et de la technique d’injection de l’insuline :

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C, D.

    L’abdomen a une absorption rapide et régulière, la voie habituelle est sous-cutanée. La rotation est indispensable et les zones indurées ou inflammatoires doivent être évitées.

  3. 3. Concernant la surveillance infirmière d’un patient sous insuline :

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C.

    La surveillance des glycémies et la traçabilité des hypoglycémies sont essentielles. L’IDE ne modifie pas les doses hors protocole et l’état de la peau impacte l’absorption, donc doit être observé.

  4. 4. Quels éléments évoquent une hypoglycémie chez un patient diabétique sous insuline ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C, D.

    Sueurs, tremblements et faim sont des signes d’alarme. Troubles du comportement, confusion, somnolence, céphalées et troubles visuels sont des signes neuroglucopéniques. Polyurie/polydipsie prolongées évoquent plutôt une hyperglycémie.

  5. 5. Conduite à tenir en cas d’hypoglycémie sévère (trouble de conscience) :

    Voir la correction

    Bonnes réponses : B, C, D.

    En cas de conscience altérée, il ne faut rien donner par voie orale pour éviter la fausse route. Il faut mettre en PLS, alerter et suivre le protocole (traitements injectables).

  6. 6. Quelles affirmations sur la relation insuline–repas sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, D.

    Les insulines ultra-rapides se font au repas, les rapides environ 30 min avant. Les lentes sont plutôt à heure fixe, indépendamment du repas, et toute insuline prandiale sans repas favorise l’hypoglycémie.

  7. 7. Parmi les éléments suivants, lesquels relèvent des règles de sécurité autour de l’insuline ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C, D.

    La vérification des 5B, le contrôle du type d’insuline et la traçabilité sont indispensables. L’adaptation de dose sans prescription ou protocole est une erreur de sécurité.

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