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Médecine et EDNPneumologieItem 226 EDN 11 min29 octobre 2026

Embolie pulmonaire : démarche diagnostique et prise en charge (EDN)

Fiche de révision complète sur l’embolie pulmonaire pour les EDN : facteurs de risque, clinique, scores de probabilité, D-dimères, imagerie, stratification de gravité et principes du traitement.

Fiche générée par l'IA de Pharo à partir d'un cours type, relue par un second modèle. Ton cours, ta prescription et les protocoles de ton établissement font foi.

Résumé du cours

L’essentiel

  • EP = obstruction aiguë des artères pulmonaires par un thrombus veineux, le plus souvent d’origine MI (TVP).
  • Diagnostic guidé par la probabilité clinique (scores de Wells ou Genève) + D-dimères + angioscanner thoracique.
  • Si probabilité clinique faible/intermédiaire : D-dimères en première intention ; si élevés → angioscanner.
  • Si probabilité clinique forte ou choc/hypotension : imagerie en urgence, D-dimères non utiles.
  • Gravité évaluée sur l’état hémodynamique, la taille de l’EP, la dysfonction VD, les biomarqueurs et le (s)PESI.
  • Traitement de base : anticoagulation précoce ; fibrinolyse réservée aux EP à haut risque (choc/hypotension persistante).

Définition et physiopathologie

  • Embolie pulmonaire (EP) : obstruction d’une artère pulmonaire par un embole, le plus souvent un thrombus veineux profond.
  • Mécanisme habituel : thrombose veineuse profonde (TVP) des membres inférieurs ou pelviens → migration vers les artères pulmonaires.
  • Conséquences principales :
  • Augmentation des résistances vasculaires pulmonaires → surcharge aiguë du ventricule droit (VD).
  • Diminution du débit cardiaque en cas d’EP massive.
  • Déséquilibre ventilation/perfusion → hypoxémie.

Facteurs de risque de MTEV / EP

Triade de Virchow

  • Stase veineuse.
  • Lésion pariétale veineuse.
  • Hypercoagulabilité.

Facteurs de risque majeurs circonstanciels

  • Chirurgie majeure récente (notamment orthopédique, pelvienne, abdominale).
  • Traumatisme majeur, immobilisation prolongée (plâtre MI, alitement).
  • Cancer actif (en particulier métastatique ou sous traitement systémique récent).
  • Antécédent personnel de MTEV (TVP/EP).
  • Grossesse, post-partum, contraception orale estroprogestative, THS estrogénique.

Facteurs de risque permanents / pathologies associées

  • Thrombophilies héréditaires (ex. déficit en antithrombine, protéine C/S, mutation facteur V Leiden…).
  • Syndrome des antiphospholipides.
  • Obésité, insuffisance cardiaque, syndrome néphrotique, MICI, maladies inflammatoires chroniques.
  • Age avancé.

Facteurs favorisants plus modérés

  • Voyages prolongés assis, varices importantes.
  • Tabagisme associé à d’autres facteurs.

Présentation clinique de l’EP

Symptômes fréquents

  • Dyspnée d’installation brutale ou subaiguë.
  • Douleur thoracique basithoracique, souvent de type pleurale.
  • Toux, parfois hémoptysie (signe d’infarctus pulmonaire).
  • Malaise, syncope dans les formes graves.

Signes cliniques

  • Tachypnée, polypnée.
  • Tachycardie fréquente.
  • Signes de TVP associée : douleur, œdème unilatéral, chaleur, dilatation veineuse superficielle d’un MI.
  • Dans les formes graves : hypotension, signes de choc, cyanose, signes de cœur pulmonaire aigu (turgescence jugulaire, hépatomégalie douloureuse).

Examens de première ligne (non spécifiques)

  • ECG : souvent tachycardie sinusale, parfois signes de surcharge droite (axe droit, bloc de branche droit, S1Q3, etc.).
  • Radiographie thoracique : souvent normale ou peu spécifique (atélectasies, épanchement pleural, coupole surélevée…).
  • Ces examens servent surtout à éliminer des diagnostics différentiels (pneumothorax, pneumonie, OAP…).

Démarche diagnostique : probabilité clinique et D-dimères

Scores de probabilité clinique

Les scores sont utilisés chez un patient stable hémodynamiquement.

Score de Wells (version à 3 niveaux : faible / intermédiaire / forte)

Principaux items (à connaître qualitativement) :

  • Signes cliniques de TVP.
  • EP plus probable qu’un autre diagnostic.
  • Tachycardie.
  • Chirurgie/récente ou immobilisation.
  • ATCD de MTEV.
  • Hémoptysie.
  • Cancer évolutif.

Score de Genève révisé (entièrement basé sur des critères objectifs) :

  • Age, tachycardie, chirurgie récente, ATCD MTEV, douleur MI, hémoptysie, etc.

Objectif des scores :

  • Classer en probabilité faible, intermédiaire ou forte (ou « EP improbable/probable » selon les versions).
  • Orienter la place des D-dimères et de l’imagerie.

Rôle des D-dimères

  • Test très sensible mais peu spécifique.
  • Indiqués si :
  • Probabilité clinique faible ou intermédiaire.
  • Objectif : exclure l’EP si négatifs.
  • D-dimères négatifs (en dessous du seuil du labo) + probabilité faible/intermédiaire → EP exclue, pas d’imagerie.
  • D-dimères positifs ou probabilité clinique forte → indication d’imagerie.
  • Chez le sujet âgé, des seuils ajustés à l’âge peuvent être utilisés (concept à connaître, sans mémoriser de formule précise pour l’examen).
  • Non recommandés si probabilité clinique forte ou si patient instable (perte de temps, pas d’impact).

Examens d’imagerie

Angioscanner thoracique (CTPA)

  • Examen de référence pour confirmer ou infirmer le diagnostic.
  • Permet de visualiser directement les thrombi dans les artères pulmonaires.
  • Sensibilité et spécificité élevées pour les EP proximales.
  • Indiqué si :
  • D-dimères positifs avec probabilité faible/intermédiaire.
  • Probabilité forte d’EP.
  • Suspicion d’EP chez patient instable dès que possible (si faisable).

Scintigraphie de ventilation/perfusion (V/Q)

  • Alternative notamment si contre-indication au contraste iodé (insuffisance rénale sévère, allergie) ou chez la femme enceinte.
  • Résultat typique : défaut de perfusion segmentaire avec ventilation conservée (mismatch).

Échographie cardiaque

  • Pas un examen de première intention en routine pour confirmer une EP.
  • Utile en urgence en cas de choc ou d’hypotension : recherche de signes de cœur pulmonaire aigu (dilatation VD, HTAP aiguë).
  • Peut guider la décision de thrombolyse en situation critique.

Échographie veineuse des membres inférieurs

  • Recherche une TVP proximale.
  • Peut permettre d’étayer le diagnostic de MTEV lorsqu’il est difficile de faire une imagerie thoracique.

Stratification de la gravité de l’EP

EP à haut risque (forme massive)

  • Définie par une instabilité hémodynamique :
  • Hypotension artérielle persistante.
  • Choc obstructif (signes de mauvaise perfusion périphérique, marbrures, confusion…).
  • Forte mortalité à court terme.
  • Indication à une reperfusion en urgence (thrombolyse systémique le plus souvent) si pas de contre-indication majeure.

EP à risque intermédiaire et faible

  • Patient stable hémodynamiquement.
  • Évaluation complémentaire par :
  • Dysfonction VD (échocardiographie, scanner).
  • Biomarqueurs : élévation troponine et/ou BNP/NT-proBNP → souffrance/dysfonction VD.
  • Score PESI ou sPESI (simplifié) pour évaluer le risque de mortalité à 30 jours.
  • EP à risque intermédiaire : stable, mais dysfonction VD et/ou biomarqueurs élevés.
  • EP à faible risque : stable, sans dysfonction VD ni biomarqueurs élevés, sPESI = 0.

Implications pratiques

  • Haut risque : prise en charge en réanimation, stratégie de reperfusion.
  • Intermédiaire : hospitalisation, surveillance rapprochée.
  • Faible risque : possible prise en charge en unité conventionnelle, voire ambulatoire dans certains cas sélectionnés selon critères cliniques.

Principes du traitement anticoagulant

Objectifs

  • Empêcher l’extension du thrombus et la survenue de nouvelles EP.
  • Permettre la lyse progressive du thrombus par les mécanismes endogènes.

Anticoagulation initiale

  • Doit être débutée dès que la probabilité clinique est forte ou la suspicion élevée, sans attendre la confirmation, si le risque hémorragique est jugé acceptable.
  • Classes utilisées en première intention (à connaître sans détailler les schémas) :
  • Héparines (héparine de bas poids moléculaire, héparine non fractionnée selon le contexte).
  • Anticoagulants oraux directs (AOD) dans certaines situations.
  • En cas de cancer actif, les recommandations privilégient souvent l’héparine de bas poids moléculaire ou certains AOD (selon profils et contre-indications).

Relais et durée du traitement

  • Relais par anticoagulant oral (antivitamine K ou AOD) après la phase initiale, selon le contexte clinique et les recommandations.
  • Durée :
  • EP provoquée par un facteur transitoire majeur (ex : chirurgie) : durée limitée (quelques mois) si le risque de récidive est jugé faible.
  • EP non provoquée ou associée à un facteur permanent (cancer actif, thrombophilie majeure…) : traitement prolongé voire indéfini, après évaluation du rapport bénéfice/risque.

Alternatives et situations particulières

  • Filtre cave : discuté si contre-indication absolue à l’anticoagulation en phase aiguë ou récidive sous anticoagulant bien conduit.
  • Embolisation / thrombectomie mécanique : options spécialisées dans certains cas de haut risque ou contre-indication à la thrombolyse.

Thrombolyse et autres traitements de reperfusion

  • Indication majeure : EP à haut risque avec choc ou hypotension persistante, en l’absence de contre-indication sévère à la thrombolyse.
  • Objectif : dissoudre rapidement le thrombus et restaurer le débit pulmonaire.
  • Contre-indications classiques (à connaître qualitativement) : hémorragie intracrânienne connue, chirurgie récente à haut risque hémorragique, AVC récent, etc.
  • Dans les EP à risque intermédiaire : la thrombolyse n’est pas systématique, discutée au cas par cas si aggravation hémodynamique.

Contre-indications et précautions de l’anticoagulation

  • Principales contre-indications relatives :
  • Risque hémorragique majeur (ATCD d’hémorragie intracrânienne, saignement actif non contrôlé, thrombopénie sévère…).
  • Chirurgie ou geste invasif programmé à court terme.
  • Nécessité d’évaluer le risque hémorragique avant et pendant le traitement.
  • Adaptation au poids, à la fonction rénale, à l’âge, aux comorbidités.

Pièges diagnostiques classiques

  • Symptômes aspécifiques :
  • EP peut mimer une pneumonie, une péricardite, un syndrome coronarien aigu, un asthme aigu, une crise d’angoisse.
  • Radiographie thoracique souvent normale, ne doit pas rassurer à tort.

12 flashcards pour mémoriser

Lis la question, cherche la réponse, puis ouvre la carte pour vérifier.

  1. 1Qu’est-ce qu’une embolie pulmonaire sur le plan physiopathologique ?

    L’embolie pulmonaire est l’obstruction aiguë d’une ou plusieurs artères pulmonaires par un embole, le plus souvent un thrombus veineux provenant d’une TVP des membres inférieurs ou pelviens.

  2. 2Quels sont les principaux facteurs de risque majeurs de MTEV à retenir pour l’EP ?

    Chirurgie majeure récente, traumatisme ou immobilisation prolongée, cancer actif, antécédent personnel de MTEV, grossesse et post-partum, contraception estroprogestative ou THS estrogénique.

  3. 3Quels sont les signes cliniques typiques d’une embolie pulmonaire ?

    Dyspnée brutale, douleur thoracique de type pleurale, tachypnée, tachycardie, parfois hémoptysie ou syncope, et éventuellement signes de TVP d’un membre inférieur.

  4. 4À quoi servent les scores de Wells ou de Genève dans la démarche diagnostique de l’EP ?

    Ils permettent d’évaluer la probabilité clinique d’EP (faible, intermédiaire ou forte) et de guider l’utilisation des D-dimères et de l’imagerie (angioscanner).

  5. 5Dans quelle situation les D-dimères permettent-ils d’exclure une embolie pulmonaire ?

    Chez un patient avec probabilité clinique faible ou intermédiaire, des D-dimères négatifs (en dessous du seuil du laboratoire) permettent d’exclure l’EP sans recourir à l’imagerie.

  6. 6Quel est l’examen de référence pour confirmer une embolie pulmonaire ?

    L’angioscanner thoracique (CTPA) est l’examen de référence, car il visualise directement les thrombi dans les artères pulmonaires avec une bonne sensibilité et spécificité.

  7. 7Comment est définie une EP à haut risque (forme massive) ?

    Une EP à haut risque est définie par une instabilité hémodynamique avec hypotension persistante et/ou choc, liée à une obstruction pulmonaire majeure et une défaillance aiguë du ventricule droit.

  8. 8Quel est le traitement de base de toute embolie pulmonaire confirmée ou fortement suspectée ?

    Le traitement de base est l’anticoagulation, initiée précocement pour prévenir l’extension du thrombus et la récidive, sous réserve d’un risque hémorragique acceptable.

  9. 9Dans quelle situation la thrombolyse est-elle formellement indiquée dans l’EP ?

    La thrombolyse est indiquée en première intention dans les EP à haut risque avec choc ou hypotension persistante, en l’absence de contre-indication majeure au traitement fibrinolytique.

  10. 10Quel est le rôle de l’échocardiographie dans la prise en charge de l’EP ?

    L’échocardiographie recherche une dysfonction aiguë du ventricule droit, surtout en cas de choc, et aide à stratifier la gravité et à décider d’un traitement de reperfusion.

  11. 11Que signifie une EP « provoquée » et pourquoi est-ce important pour la durée du traitement ?

    Une EP provoquée survient en présence d’un facteur transitoire majeur identifiable (ex. chirurgie récente). Cela oriente vers une durée d’anticoagulation limitée si le risque de récidive est jugé faible.

  12. 12Pourquoi la radiographie thoracique peut-elle être trompeuse dans l’EP ?

    Elle est souvent normale ou peu spécifique et ne permet pas d’exclure une EP ; son intérêt principal est d’éliminer des diagnostics alternatifs comme pneumothorax ou pneumonie.

7 QCM corrigés

Une ou plusieurs réponses justes par question. Coche, puis « Vérifier » : la question n’est juste que si tu as toutes les bonnes cases, comme à l’examen.

  1. 1. Concernant les facteurs de risque d’embolie pulmonaire, quelles propositions sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C, D.

    La chirurgie orthopédique majeure, les antécédents de MTEV et la grossesse/post-partum sont des facteurs de risque majeurs reconnus. Le tabagisme isolé est un facteur contribuant mais n’est pas classé comme facteur majeur de MTEV.

  2. 2. À propos de l’utilisation des D-dimères dans le diagnostic d’EP, quelle affirmation est correcte ?

    Voir la correction

    Bonne réponse : C.

    Les D-dimères sont utiles pour exclure l’EP chez des patients avec probabilité clinique faible ou intermédiaire ; ils ne sont pas utiles en cas de probabilité forte ou de choc, où l’imagerie prime.

  3. 3. Concernant la démarche diagnostique de l’EP, quelles propositions sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C, D.

    En probabilité forte, l’imagerie est indiquée directement. Les scores évaluent la probabilité clinique. En probabilité faible, des D-dimères négatifs permettent d’exclure l’EP. La radiographie normale n’exclut pas l’EP.

  4. 4. À propos de la stratification de gravité de l’EP, quelle(s) proposition(s) est/sont vraie(s) ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, C.

    L’EP à haut risque est caractérisée par l’instabilité hémodynamique. PESI/sPESI évaluent la mortalité à 30 jours. L’EP à faible risque associe stabilité et absence d’atteinte VD/biomarqueurs. L’écho est au contraire utile pour évaluer le VD.

  5. 5. Concernant le traitement de l’embolie pulmonaire, quelle affirmation est correcte ?

    Voir la correction

    Bonne réponse : C.

    La thrombolyse est réservée aux EP à haut risque avec instabilité hémodynamique. L’anticoagulation peut être débutée avant l’imagerie en cas de forte suspicion. Les filtres caves sont réservés à des situations particulières (contre-indication à l’anticoagulation, récidive).

  6. 6. Laquelle ou lesquelles des propositions suivantes concernant la présentation clinique de l’EP sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C, D.

    La dyspnée brutale est typique, l’hémoptysie est possible mais non constante ni spécifique. La présence de TVP est un argument fort pour une EP associée. Malaise ou syncope peuvent être révélateurs, surtout dans les formes graves.

  7. 7. À propos des examens d’imagerie dans l’EP, quelles affirmations sont justes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, D.

    L’angioscanner est l’examen de référence. La scintigraphie V/Q est une alternative si l’injection iodée est contre-indiquée. L’écho veineuse MI est utile pour objectiver une TVP. L’échocardiographie évalue la fonction VD, notamment en cas de choc.

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