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Médecine et EDNGynécologie-obstétriqueItem 24 EDN 11 min3 novembre 2026

Item 24 EDN – Principales complications de la grossesse (fiche complète)

Fiche de révision de l’item 24 EDN : principales complications de la grossesse, du diagnostic aux grands principes de prise en charge, rang A puis B. Pour externes et préparation EDN.

Fiche générée par l'IA de Pharo à partir d'un cours type, relue par un second modèle. Ton cours, ta prescription et les protocoles de ton établissement font foi.

Résumé du cours

L’essentiel de l’item 24 (rang A)

  • Devant douleurs pelviennes et/ou métrorragies au 1er trimestre : éliminer grossesse extra‑utérine et fausse couche, raisonner selon l’âge gestationnel et l’hCG.
  • Au 3e trimestre : association métrorragies + douleur utérine = penser hématome rétroplacentaire ; métrorragies indolores = placenta prævia jusqu’à preuve du contraire.
  • Hypertension gravidique + protéinurie après 20 SA = prééclampsie ; rechercher systématiquement signes de gravité (céphalées, épigastralgies, hyperréflexie, oligurie, anomalies biologiques).
  • Devant menace d’accouchement prématuré (MAP) : confirmer les contractions, évaluer le col, éliminer une infection et une rupture prématurée des membranes (RPM).
  • Rupture prématurée des membranes : diagnostic clinique, risque principal = chorioamniotite et prématurité ; décision = équilibre entre risque infectieux et risque de prématurité.
  • Devant tout retard de croissance intra‑utérin (RCIU) : confirmer par biométries, évaluer la souffrance fœtale chronique (dopplers, monitoring) et rechercher une cause maternelle, fœtale ou placentaire.

1. Fausse couche spontanée (FCS)

Définitions et formes

  • Fausse couche spontanée : interruption spontanée de la grossesse avant 14 SA d’aménorrhée (seuil variable selon référentiels, classiquement < 14 SA).
  • FCS précoce : < 10 SA ; FCS tardive : 10–14 SA.
  • Formes principales :
  • FCS menace : métrorragies, col fermé, activité cardiaque fœtale présente.
  • FCS en cours / incomplète : métrorragies, douleurs, col ouvert, produits de conception dans la cavité utérine ou le col.
  • FCS complète : cavité vide après expulsion, saignement modéré, col fermé.
  • Œuf clair ou arrêt de grossesse : sac ovulaire vide ou embryon sans activité cardiaque.

Diagnostic

  • Symptômes : métrorragies (fréquent), douleurs pelviennes crampiformes, parfois asymptomatique (diagnostic échographique).
  • Examen clinique : col fermé (menace) vs ouvert (FCS en cours/incomplète), importance des pertes sanguines, état hémodynamique.
  • Échographie :
  • Sac intra‑utérin, vitalité embryonnaire (activité cardiaque).
  • Critères d’arrêt de grossesse (mesures CRL/sac sans activité cardiaque selon recommandations).
  • hCG : peu utile seule si grossesse clairement intra‑utérine évolutive ou arrêtée à l’écho ; utile dans le bilan initial en cas de doute avec grossesse extra‑utérine.

Principes de prise en charge

  • Menace de FCS : pas de traitement spécifique démontré ; repos relatif, surveillance clinique et échographique.
  • FCS en cours / incomplète / arrêt de grossesse :
  • Trois attitudes (hors urgence) :
  • Attitude expectative (surveillance de l’expulsion spontanée).
  • Traitement médical par prostaglandines.
  • Évacuation chirurgicale (aspiration intra‑utérine) selon contexte.
  • Urgence si hémorragie, choc, suspicion de placentation anormale.
  • Toujours : détermination du groupe sanguin, prévention immunisation anti‑Rhésus D si indiquée.

Pièges EDN

  • Ne pas oublier de documenter l’intra‑utérinité de la grossesse avant toute évacuation.
  • Douleur intense + col fermé au 1er trimestre doit faire évoquer une grossesse extra‑utérine, même si l’écho voit un sac douteux.

2. Grossesse extra‑utérine (GEU)

Définition et facteurs de risque

  • Implantation de l’œuf hors de la cavité utérine, le plus souvent tubaire.
  • Facteurs de risque : antécédents de GEU, chirurgie tubaire, infection génitale (salpingite), stérilet, assistance médicale à la procréation.

Tableau clinique typique

  • Triade classique : retard de règles, métrorragies noirâtres, douleur pelvienne latéralisée.
  • Formes graves : tableau d’hémopéritoine (douleur aiguë, défense, état de choc) si rupture tubaire.

Diagnostic

  • hCG sériques : augmentation anormale (non doublement toutes les 48 h), taux au‑dessus d’un certain seuil sans sac intra‑utérin visible à l’échographie.
  • Échographie endovaginale :
  • Absence de sac intra‑utérin évolutif.
  • Masse latéro‑utérine, anneau trophoblastique, épanchement péritonéal.

Principes de prise en charge

  • Urgence absolue si rupture suspectée : prise en charge chirurgicale en urgence, stabilisation hémodynamique.
  • En l’absence de gravité : options médicale ou chirurgicale selon taille, taux d’hCG, désir de fertilité, observation clinique et échographique rapprochée.
  • Surveillance systématique des hCG jusqu’à négativation.

Pièges EDN

  • Une hCG « basse » n’exclut pas la GEU ; importance du rapport hCG/échographie.
  • Ne jamais se contenter d’un test de grossesse urinaire négatif si forte suspicion clinique.

3. Hémorragies du 3e trimestre : HRP vs placenta prævia

Placenta prævia

  • Insertion placentaire anormale dans le segment inférieur, pouvant recouvrir l’orifice interne du col.
  • Tableau clinique typique :
  • Métrorragies rouges, indolores, non provoquées.
  • Utérus souple, non douloureux, hauteur utérine souvent > terme.
  • Fœtus généralement en présentation anormale (transverse, siège).
  • Diagnostic : échographie obstétricale avec localisation placentaire précise.
  • Contre‑indication : toucher vaginal en dehors d’un bloc obstétrical équipé. Tout TV à l’aveugle peut déclencher une hémorragie.

Hématome rétroplacentaire (HRP)

  • Décollement prématuré d’un placenta normalement inséré.
  • Facteurs de risque : HTA gravidique/préeclampsie, tabac, traumatisme.
  • Tableau clinique typique :
  • Douleur abdominale brutale, permanente.
  • Utérus contractile, « en bois », sensible.
  • Métrorragies variables (parfois masquées : HRP occulte).
  • Signes de souffrance fœtale aiguë au monitoring, voire mort fœtale in utero.
  • Diagnostic : essentiellement clinique ; l’échographie peut être trompeuse (HRP non toujours visible).

Principes de prise en charge

  • Hospitalisation urgente, bilan maternel (NFS, coagulation), surveillance fœtale.
  • HRP grave ou souffrance fœtale aiguë : extraction fœtale en urgence.
  • Placenta prævia : gestion en fonction du terme, de la gravité de l’hémorragie, voie d’accouchement souvent césarienne si placenta prævia recouvrant.

Pièges EDN

  • Douleur + utérus contractile = HRP jusqu’à preuve du contraire, même si l’échographie est rassurante.
  • Ne jamais faire de toucher vaginal devant métrorragies du 3e trimestre sans avoir localisé le placenta.

4. Hypertension gravidique, prééclampsie, HELLP, éclampsie

Définitions

  • Hypertension gravidique : PA élevée (> 140/90 mmHg) après 20 SA, sans protéinurie significative.
  • Préeclampsie : HTA gravidique + protéinurie significative et/ou atteinte d’organe maternelle (rénale, hépatique, neurologique, hématologique) et/ou retentissement fœtal (RCIU).
  • HELLP syndrome : association d’Hémolyse, élévation des enzymes hépatiques, thrombopénie.
  • Éclampsie : survenue de convulsions tonico‑cloniques généralisées non expliquées chez une femme enceinte ou en post‑partum, le plus souvent sur prééclampsie.

Clinique et signes de gravité

  • Signes fonctionnels : céphalées, phosphènes, acouphènes, douleurs épigastriques ou de l’hypochondre droit, nausées, vomissements, dyspnée.
  • Examen : PA, œdèmes, ROT vifs, oligurie.
  • Biologie : créatininémie, bilan hépatique, NFS, plaquettes, bilan de coagulation, protéinurie.
  • Signes de gravité : HTA sévère, HELLP, éclampsie, œdème aigu du poumon, hématome rétroplacentaire, RCIU sévère, anomalies doppler.

Principes de prise en charge

  • Hospitalisation, repos, surveillance rapprochée materno‑fœtale (TA, diurèse, bilan biologique, monitoring fœtal, doppler).
  • Contrôle de la pression artérielle par antihypertenseurs adaptés à la grossesse.
  • Prévention et traitement de l’éclampsie par sulfate de magnésium.
  • Seul « traitement étiologique » : extraction fœtale lorsque équilibre materno‑fœtal ne peut être maintenu, en tenant compte du terme.

Pièges EDN

  • Ne pas oublier la protéinurie (bandelette, puis quantification) dans tout bilan d’HTA de la grossesse.
  • Une prééclampsie peut survenir en post‑partum : toujours y penser devant céphalées, HTA, douleur épigastrique.

5. Menace d’accouchement prématuré (MAP) et RPM

Menace d’accouchement prématuré

  • Définition : association de contractions utérines régulières et douloureuses avant 37 SA, avec modifications cervicales (raccourcissement, dilatation) sans rupture des membranes.
  • Facteurs de risque : antécédent de prématurité, utérus malformé, grossesse multiple, infections, HRP, RCIU.

#### Diagnostic et bilan

  • Examen clinique : fréquence et régularité des contractions, toucher vaginal (dilatation, longueur et consistance du col).
  • Échographie endovaginale : longueur cervicale (col court = risque accru de prématurité).
  • Recherche systématique d’infection : ECBU, prélèvements vaginaux, bilan inflammatoire.
  • Surveillance du bien‑être fœtal : échographie, monitoring.

#### Principes de prise en charge

  • Hospitalisation selon terme et sévérité.
  • Repos, éventuellement tocolyse (limitation des contractions) selon recommandations et contre‑indications.
  • Corticothérapie anténatale pour maturation pulmonaire fœtale si prématurité menaçante.
  • Transfert in utero vers maternité de niveau adapté si besoin.

Rupture prématurée des membranes (RPM)

  • Définition : rupture des membranes survenant avant le début du travail, quel que soit le terme ; on parle de RPM pré‑terme lorsqu’elle survient avant 37 SA.

#### Diagnostic

  • Clinique : sensation de « perte de liquide », liquide clair, parfois teinté de méconium ou sang.
  • Spéculum : visualisation d’un écoulement de liquide amniotique au niveau du col.
  • Tests complémentaires selon contexte (tests biochimiques, pH) si doute.

#### Risques et prise en charge

  • Risque majeur : chorioamniotite (fièvre maternelle, douleur utérine, tachycardie materno‑fœtale, leucocytose, CRP élevée) et prématurité.
  • Attitude dépend du terme et du contexte :
  • Terme proche : induction du travail ou surveillance rapprochée.

11 flashcards pour mémoriser

Lis la question, cherche la réponse, puis ouvre la carte pour vérifier.

  1. 1Comment est définie la fausse couche spontanée dans les référentiels obstétricaux ?

    La fausse couche spontanée est l’interruption spontanée de la grossesse avant 14 semaines d’aménorrhée environ, en l’absence d’intervention médicale, quel que soit le mode d’expulsion.

  2. 2Quels sont les éléments du tableau clinique typique de la grossesse extra‑utérine ?

    La triade classique associe retard de règles, métrorragies noirâtres peu abondantes et douleur pelvienne souvent latéralisée. Elle peut se compliquer d’un hémopéritoine avec état de choc en cas de rupture tubaire.

  3. 3Qu’est-ce qui distingue cliniquement un placenta prævia d’un hématome rétroplacentaire ?

    Le placenta prævia donne des métrorragies rouges vives indolores avec utérus souple, alors que l’hématome rétroplacentaire provoque une douleur abdominale brutale, un utérus dur « en bois », avec ou sans métrorragies visibles.

  4. 4Quelle est la définition de la prééclampsie ?

    La prééclampsie est une hypertension artérielle survenant après 20 SA associée à une protéinurie significative et/ou à des signes d’atteinte d’organe maternelle et/ou à un retentissement fœtal, notamment un RCIU.

  5. 5Quels sont les principaux signes de gravité d’une prééclampsie à rechercher ?

    On recherche céphalées, troubles visuels, douleurs épigastriques ou de l’hypochondre droit, dyspnée, oligurie, HTA sévère, anomalies biologiques (HELLP, insuffisance rénale, troubles de la coagulation) et souffrance fœtale.

  6. 6Comment définir la menace d’accouchement prématuré (MAP) ?

    La MAP est la survenue de contractions utérines régulières et douloureuses avant 37 SA, associées à des modifications cervicales (raccourcissement, dilatation) en dehors de toute rupture des membranes.

  7. 7Qu’est-ce que la rupture prématurée des membranes (RPM) et comment est-elle diagnostiquée ?

    La RPM est la rupture des membranes avant le début du travail, quel que soit le terme. Elle est diagnostiquée cliniquement par des pertes liquidiennes vaginales permanentes et la visualisation de liquide amniotique au spéculum.

  8. 8Quelle est la définition du retard de croissance intra‑utérin (RCIU) ?

    Le RCIU se définit par un poids fœtal estimé inférieur au 10e percentile pour l’âge gestationnel, évalué par échographie, avec parfois des anomalies doppler témoignant d’une souffrance fœtale chronique.

  9. 9Quel est le risque principal associé à la rupture prématurée des membranes pré‑terme ?

    Le risque principal est la chorioamniotite, infection des membranes et du liquide amniotique, associée à un risque de sepsis materno‑fœtal et à une prématurité induite ou spontanée.

  10. 10Quels examens sont indispensables devant une hypertension artérielle gravidique ?

    Il faut mesurer la protéinurie (bandelette puis quantification), réaliser un bilan rénal, hépatique, hématologique (NFS, plaquettes, coagulation), surveiller la TA et évaluer le retentissement fœtal (échographie, doppler, monitoring).

  11. 11Pourquoi tout toucher vaginal est-il contre‑indiqué en cas de métrorragies du 3e trimestre hors bloc obstétrical ?

    Parce qu’un placenta prævia non diagnostiqué peut être présent ; un toucher vaginal à l’aveugle risque de provoquer une hémorragie cataclysmique. Il faut d’abord localiser le placenta par échographie.

7 QCM corrigés

Une ou plusieurs réponses justes par question. Coche, puis « Vérifier » : la question n’est juste que si tu as toutes les bonnes cases, comme à l’examen.

  1. 1. Une femme de 8 SA consulte pour métrorragies modérées et douleurs pelviennes. L’échographie montre un sac intra‑utérin avec embryon et activité cardiaque. Quel(s) diagnostic(s) est/sont le(s) plus probable(s) ?

    Voir la correction

    Bonne réponse : A.

    La présence d’un sac intra‑utérin avec activité cardiaque signe une grossesse intra‑utérine évolutive : il s’agit d’une menace de fausse couche. GEU et môle sont exclues. Une fausse couche complète implique une cavité vide.

  2. 2. Concernant la grossesse extra‑utérine (GEU), quelles affirmations sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C, D.

    La GEU est le plus souvent tubaire, peut se compliquer d’un hémopéritoine avec choc, et l’échographie endovaginale est centrale. Un test urinaire ou une hCG basse n’excluent pas une GEU débutante.

  3. 3. Devant des métrorragies du 3e trimestre, quelle(s) conduite(s) est/sont correcte(s) ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : B, C, D.

    L’échographie pour localiser le placenta est prioritaire, le toucher vaginal est contre‑indiqué tant que le placenta prævia n’est pas exclu. HRP se manifeste par utérus dur et douloureux ; une échographie normale ne l’exclut pas.

  4. 4. À propos de la prééclampsie, quelles propositions sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : B, C, D.

    La prééclampsie apparaît après 20 SA, associe HTA et protéinurie et peut évoluer vers un HELLP. L’extraction fœtale est le seul traitement étiologique. Elle peut débuter ou s’aggraver en post‑partum.

  5. 5. Une femme enceinte de 30 SA consulte pour contractions régulières et douloureuses. Au TV : col raccourci à 15 mm, orifice externe perméable. Quelles affirmations sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, C, E.

    Contractions + modifications cervicales avant 37 SA définissent une MAP, avec risque réel de prématurité. Une hospitalisation avec bilan infectieux est indiquée. La corticothérapie anténatale se discute à ce terme.

  6. 6. Concernant la rupture prématurée des membranes (RPM), quelles propositions sont justes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : B, C, E.

    La RPM survient en dehors du travail, le diagnostic repose sur l’examen avec spéculum. Elle augmente le risque de chorioamniotite et de prématurité. La conduite dépend du terme ; un déclenchement systématique n’est pas toujours indiqué.

  7. 7. À propos du retard de croissance intra‑utérin (RCIU), quelles propositions sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : B, C, D.

    Le RCIU correspond à un poids estimé < 10e percentile. Insuffisance placentaire et causes maternelles sont fréquentes. Hauteur utérine et dopplers sont essentiels ; le RCIU augmente la morbidité/mortalité périnatale.

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