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IFSIUE 2.1 Biologie fondamentaleUE B.1 · référentiel 2026 10 min21 octobre 2026

NFS (hémogramme) : comprendre les normes et lire une prise de sang

Fiche de révision sur la NFS (hémogramme) pour étudiants en IFSI : normes usuelles, interprétation simple (anémie, infection, saignement) et impact sur la surveillance et les gestes infirmiers.

Fiche générée par l'IA de Pharo à partir d'un cours type, relue par un second modèle. Ton cours, ta prescription et les protocoles de ton établissement font foi.

Résumé du cours

L’essentiel à connaître

  • La NFS (hémogramme) explore les globules rouges, blancs et plaquettes : c’est l’examen de base de l’hématologie.
  • Une anémie = baisse de l’hémoglobine, se traduit souvent par fatigue, dyspnée d’effort, pâleur, tachycardie : surveillance clinique rapprochée.
  • Le VGM oriente le type d’anémie : bas = microcytaire (souvent carence martiale), élevé = macrocytaire (souvent carence en B12/folates, alcool).
  • Les leucocytes et leur formule guident devant une infection, une inflammation ou une neutropénie : attention aux risques infectieux et précautions d’hygiène.
  • Les plaquettes conditionnent le risque hémorragique : thrombopénie = vigilance accrue sur les saignements, injections, perfusions.
  • Le rôle infirmier : connaître les grandes normes, repérer les anomalies significatives, adapter la surveillance et alerter le médecin.

Globules rouges : GR, hémoglobine, hématocrite

Globules rouges (GR)

  • Mesurés en T/L (tera par litre, soit 10^12/L).
  • Ordres de grandeur usuels :
  • Homme : environ 4,5 à 5,7 T/L.
  • Femme : environ 4,0 à 5,2 T/L.
  • Baisse des GR associée à l’anémie ; augmentation possible dans les polyglobulies (déshydratation, pathologie médullaire…).

Hémoglobine (Hb)

  • Protéine contenue dans les GR, transporte l’oxygène.
  • Normes usuelles (g/dL) :
  • Homme : 13 à 17 g/dL.
  • Femme : 12 à 16 g/dL.
  • Anémie : Hb basse (en dessous de ces valeurs, selon les seuils du laboratoire).
  • Signes cliniques fréquents d’anémie : fatigue inhabituelle, essoufflement à l’effort, palpitations, céphalées, pâleur cutanéo-muqueuse.
  • Rôle infirmier :
  • Surveiller FC, PA, FR, SpO2, tolérance à l’effort, asthénie.
  • Repérer signes de mauvaise tolérance (dyspnée au repos, douleurs thoraciques, malaise) et alerter rapidement.

Hématocrite (Hte)

  • Pourcentage du volume sanguin occupé par les globules rouges.
  • Normes usuelles :
  • Homme : environ 40 à 52 %.
  • Femme : environ 37 à 47 %.
  • Hte bas va souvent avec une anémie ; Hte élevé peut évoquer une déshydratation ou une polyglobulie.
  • Intérêt : apprécier la concentration du sang, la viscosité, la gravité d’une anémie ou d’une hémorragie.

VGM, TCMH, CCMH : taille et richesse en hémoglobine

Volume Globulaire Moyen (VGM)

  • Taille moyenne des globules rouges, exprimée en fL.
  • Norme usuelle : 80 à 100 fL.
  • VGM bas (< 80 fL) : anémie microcytaire.
  • Causes fréquentes : carence martiale (déficit en fer), thalassémie, certaines inflammations chroniques.
  • Souvent associé à une Hb et un Hte bas.
  • VGM élevé (> 100 fL) : anémie macrocytaire.
  • Causes fréquentes : carence en vitamine B12 ou folates, alcoolisme chronique, maladie hépatique, hypothyroïdie, certains médicaments, syndromes myélodysplasiques.
  • Rôle infirmier :
  • Savoir que VGM oriente le type d’anémie mais ne pose pas le diagnostic.
  • Participer au repérage des facteurs de risque (alcool, dénutrition, régimes restrictifs, troubles digestifs chroniques).

TCMH et CCMH

  • TCMH : Teneur Corpusculaire Moyenne en Hémoglobine (quantité moyenne d’Hb par GR), en pg.
  • CCMH : Concentration Corpusculaire Moyenne en Hémoglobine (concentration d’Hb dans le volume globulaire), en g/dL.
  • Valeurs usuelles :
  • TCMH : souvent autour de 27–32 pg.
  • CCMH : environ 32 à 36 g/dL.
  • Intérêt : affiner le type d’anémie (hypochrome dans les carences martiales, par exemple).
  • Les détails de lecture relèvent surtout du médecin/biologiste ; pour le soignant, l’essentiel est de repérer l’anémie et ses signes cliniques.

Leucocytes (globules blancs) et formule leucocytaire

Leucocytes totaux

  • Nombre total de globules blancs, en G/L (10^9/L).
  • Norme usuelle : 4 à 10 G/L.
  • Hyperleucocytose : leucocytes > 10 G/L.
  • Causes fréquentes : infections bactériennes (surtout avec polynucléaires neutrophiles élevés), inflammations, réactions au stress, certains corticoïdes.
  • Leucopénie : leucocytes < 4 G/L.
  • Causes fréquentes : traitements cytotoxiques ou immunosuppresseurs, pathologies médullaires, infections virales sévères…

Formule leucocytaire (répartition des leucocytes)

  • Principaux types :
  • Polynucléaires neutrophiles (PNN) : environ 40–75 % des leucocytes (≈ 1,5 à 7 G/L).
  • Lymphocytes : ≈ 20–45 % (≈ 1 à 4 G/L).
  • Polynucléaires éosinophiles, basophiles, monocytes : en plus faible proportion.

#### Neutrophiles

  • Première défense contre les bactéries.
  • Neutrophilie : souvent infection bactérienne aiguë, inflammation.
  • Neutropénie (chute des PNN) : risque majeur d’infection grave.
  • Rôle infirmier en neutropénie :
  • Surveiller température, état général, foyer infectieux (peau, bouche, cathéters, poumons, urines…).
  • Renforcer l’hygiène des mains, port de masque selon protocole, limiter les risques d’exposition infectieuse.
  • Alerter immédiatement en cas de fièvre ou frissons.

#### Lymphocytes

  • Impliqués dans l’immunité spécifique.
  • Lymphocytose : possible dans certaines infections virales (mononucléose, par exemple), certaines hémopathies.
  • Lymphopénie : défaut de défense immunitaire (traitements, pathologies immunodépressives…).
  • Rôle infirmier : même logique de prévention et de surveillance des infections.

Plaquettes (thrombocytes)

  • Rôle dans l’hémostase primaire (formation du clou plaquettaire).
  • Exprimées en G/L.
  • Normes usuelles : 150 à 400 G/L.

Thrombopénie (plaquettes basses)

  • Souvent définie en dessous de 150 G/L (seuils précis selon le laboratoire et le contexte).
  • Risque principal : hémorragie.
  • Signes à rechercher :
  • Purpura (taches rouges/violettes cutanées), pétéchies.
  • Ecchymoses spontanées, saignements des gencives, épistaxis.
  • Saignements prolongés après piqûre, pose/retrait de voie veineuse.
  • Rôle infirmier :
  • Vigilance sur toutes les injections IM (souvent contre-indiquées si thrombopénie importante, selon prescription et protocole).
  • Compression soigneuse après prélèvements, perfusions, injections SC.
  • Surveiller pertes sanguines (selles, urines, règles, hémoptysies) et alerter.

Thrombocytose (plaquettes élevées)

  • Plaquettes au-dessus de la norme (ex. > 400–450 G/L, selon labo).
  • Peut être réactionnelle (inflammation, infection, post-chirurgie) ou liée à une maladie de la moelle.
  • Peut augmenter le risque thrombotique selon le contexte.
  • Rôle infirmier :
  • Surveiller signes de phlébite, dyspnée brutale, douleur thoracique aiguë (suspicion d’embolie pulmonaire).
  • Respecter les mesures de mobilisation précoce, hydratation adéquate (si autorisée), dispositifs de prévention de la thrombose prescrits.

Rôle infirmier autour de la NFS

Avant et pendant le prélèvement

  • Vérifier l’identité du patient, la prescription, le bon tube (EDTA pour NFS), les conditions (patient à jeun ou non si demandé).
  • Installer le patient, expliquer le geste, prévenir de la possible sensation de picotement.
  • Prévenir les risques de malaise vagal (position allongée si antécédent).

À la réception des résultats

  • Lire les commentaires du laboratoire (valeurs en gras, flèches haut/bas indiquant une anomalie.
  • Repérer rapidement :
  • Hb très basse ou chute rapide.
  • Neutropénie importante ou hyperleucocytose majeure.
  • Thrombopénie marquée ou apparition soudaine.
  • Transmettre au médecin selon l’urgence et les protocoles (téléphone, traçabilité écrite).

Adaptation de la surveillance

  • En cas d’anémie significative :
  • Surveiller signes de mauvaise tolérance (dyspnée, douleurs thoraciques, hypotension, tachycardie).
  • Adapter les efforts demandés (lever, rééducation, soins longs) et pauses.
  • En cas de risque hémorragique (thrombopénie, traitement anticoagulant associé) :
  • Surveillance cutanée et muqueuse quotidienne.
  • Prudence lors des mobilisations, éviter les traumatismes, chutes.
  • Utiliser matériels atraumatiques quand possible.
  • En cas de risque infectieux (neutropénie, leucopénie) :
  • Hygiène rigoureuse, limitation des gestes invasifs non indispensables.
  • Surveiller T°, frissons, toux, douleur, modification des urines, rougeur ou douleur au niveau des cathéters.

À retenir

  • La NFS donne des informations essentielles sur l’oxygénation (GR/Hb), l’immunité (GB) et l’hémostase (plaquettes).
  • L’hémoglobine basse définit l’anémie ; le VGM oriente vers une anémie microcytaire (VGM bas) ou macrocytaire (VGM élevé).
  • Les leucocytes et leur formule guident la prise en charge des risques infectieux (surtout en cas de neutropénie).
  • Les plaquettes conditionnent le risque de saignement : toute thrombopénie importante impose une surveillance hémorragique renforcée.
  • Le rôle infirmier est de relier les résultats biologiques aux signes cliniques, d’adapter les soins et d’alerter sans délai en cas d’anomalie critique.

12 flashcards pour mémoriser

Lis la question, cherche la réponse, puis ouvre la carte pour vérifier.

  1. 1Quelles sont les grandes composantes explorées par la NFS (hémogramme) ?

    La NFS explore trois grandes lignées : les globules rouges (GR, Hb, Hte, VGM…), les globules blancs (leucocytes et formule leucocytaire) et les plaquettes (thrombocytes).

  2. 2Quels sont les ordres de grandeur usuels de l’hémoglobine chez l’adulte, homme et femme ?

    Chez l’adulte, l’hémoglobine est usuellement entre 13 et 17 g/dL chez l’homme et entre 12 et 16 g/dL chez la femme, selon les laboratoires.

  3. 3Quels symptômes cliniques orientent vers une anémie chez un patient hospitalisé ?

    Une anémie se manifeste souvent par fatigue importante, dyspnée d’effort, palpitations, céphalées et pâleur cutanéo-muqueuse ; en cas de gravité, dyspnée au repos, malaise, douleurs thoraciques peuvent apparaître.

  4. 4Que signifie un VGM bas et quelles sont les causes fréquentes ?

    Un VGM bas indique une anémie microcytaire, souvent liée à une carence en fer, une thalassémie ou certaines inflammations chroniques. Le diagnostic précis relève du médecin.

  5. 5Que signifie un VGM élevé et quelles en sont les causes fréquentes ?

    Un VGM élevé indique une anémie macrocytaire, fréquemment due à une carence en vitamine B12 ou en folates, à l’alcoolisme chronique, à des maladies hépatiques ou à certains médicaments.

  6. 6Quelle est la norme usuelle des leucocytes totaux chez l’adulte ?

    La numération leucocytaire totale est habituellement entre 4 et 10 G/L chez l’adulte, avec des variations selon les laboratoires et le contexte clinique.

  7. 7Quel est le risque principal d’une neutropénie et quel est le rôle infirmier ?

    La neutropénie expose à un risque élevé d’infections graves. Le rôle infirmier est de surveiller étroitement la température et les signes infectieux, de renforcer les mesures d’hygiène et de prévenir rapidement le médecin en cas de fièvre.

  8. 8Quelles sont les valeurs usuelles de plaquettes et quel risque associer à une thrombopénie ?

    Les plaquettes sont généralement entre 150 et 400 G/L. En dessous, surtout si la baisse est importante, le risque principal est l’hémorragie cutanée, muqueuse ou interne.

  9. 9Quels signes doivent être recherchés en cas de plaquettes basses ?

    En cas de plaquettes basses, il faut rechercher purpura, pétéchies, ecchymoses spontanées, épistaxis, saignement gingival et saignement prolongé après un geste invasif ou traumatique.

  10. 10Quel est l’intérêt infirmier de l’hématocrite dans la NFS ?

    L’hématocrite permet d’apprécier la proportion de globules rouges dans le sang : un Hte bas accompagne souvent une anémie, un Hte élevé peut évoquer une déshydratation ou une polyglobulie, ce qui oriente la vigilance clinique.

  11. 11Que doit faire l’infirmier(ère) en cas de NFS montrant une thrombopénie importante ?

    Il/elle doit renforcer la surveillance des saignements, éviter les injections intramusculaires si non indispensables, comprimer soigneusement après les prélèvements, protéger le patient des traumatismes et alerter le médecin.

  12. 12Comment l’infirmier(ère) utilise les résultats de NFS dans la surveillance quotidienne ?

    Les résultats de NFS orientent la surveillance de la tolérance à l’anémie, du risque infectieux (leucocytes, neutrophiles) et du risque hémorragique (plaquettes), permettant d’adapter les soins et de transmettre rapidement en cas d’anomalie critique.

7 QCM corrigés

Une ou plusieurs réponses justes par question. Coche, puis « Vérifier » : la question n’est juste que si tu as toutes les bonnes cases, comme à l’examen.

  1. 1. Quelle combinaison de valeurs est la plus évocatrice d’une anémie chez l’adulte ?

    Voir la correction

    Bonne réponse : A.

    L’anémie est définie par une baisse de l’hémoglobine, généralement associée à un hématocrite bas. Les autres combinaisons n’indiquent pas directement une anémie.

  2. 2. Un patient présente : Hb basse, VGM = 72 fL, plaquettes normales. Quelles hypothèses sont les plus cohérentes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C.

    Un VGM bas (72 fL) oriente vers une anémie microcytaire. Les causes fréquentes sont la carence martiale et la thalassémie. Macrocytose et hyperleucocytose ne sont pas suggérées ici.

  3. 3. Dans quelles situations la neutropénie impose-t-elle une vigilance infirmière renforcée ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C.

    La neutropénie augmente le risque d’infection grave, d’où une surveillance renforcée de la température et des signes infectieux. Le risque hémorragique est plutôt lié aux plaquettes basses.

  4. 4. Quels éléments orientent vers un risque hémorragique accru ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, D.

    Plaquettes basses (thrombopénie), surtout associées à un traitement anticoagulant, augmentent nettement le risque de saignement. Une leucocytose n’est pas un facteur hémorragique direct.

  5. 5. Lors de la lecture d’une NFS, quels paramètres sont directement liés à la capacité de transport de l’oxygène ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, C.

    L’hémoglobine, l’hématocrite et le VGM décrivent la masse et la taille des globules rouges, donc la capacité globale de transport de l’oxygène. Les plaquettes ne participent pas à ce transport.

  6. 6. Quels sont les rôles infirmiers prioritaires devant une thrombopénie sévère ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C.

    La thrombopénie impose une vigilance accrue sur les signes d’hémorragie et une compression prolongée après les prélèvements. Les injections IM sont au contraire à éviter autant que possible.

  7. 7. Un patient alcoolique chronique présente un VGM élevé et une anémie. Quelles hypothèses sont pertinentes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, D.

    L’alcoolisme chronique est une cause fréquente de macrocytose, souvent associée à des carences nutritionnelles, notamment en B12/folates. Une microcytose ou une neutropénie ne sont pas systématiques dans ce contexte.

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