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Médecine et EDNRéanimation et maladies infectieusesItem 158 EDN 12 min29 octobre 2026

Sepsis et choc septique : définitions Sepsis-3, qSOFA et SOFA (fiche EDN)

Fiche de révision EDN sur le sepsis et le choc septique : définitions actuelles (Sepsis-3), scores qSOFA et SOFA, reconnaissance précoce, premières mesures dans l’heure et surveillance.

Fiche générée par l'IA de Pharo à partir d'un cours type, relue par un second modèle. Ton cours, ta prescription et les protocoles de ton établissement font foi.

Résumé du cours

L’essentiel pour l’EDN

  • Sepsis : dysfonction d’organe menaçant le pronostic vital due à une réponse inappropriée de l’hôte à une infection suspectée ou documentée (définition Sepsis-3).
  • Choc septique : sepsis avec hypotension persistante nécessitant des vasopresseurs pour maintenir PAM ≥ 65 mmHg et lactate augmenté, malgré remplissage vasculaire adapté.
  • qSOFA (terrain non réanimatoire) : FR ≥ 22/min, PAS ≤ 100 mmHg, altération de la conscience (GCS < 15) ; ≥ 2 = haut risque d’évolution défavorable.
  • SOFA : score de dysfonction d’organe (6 systèmes) ; sepsis si augmentation ≥ 2 points par rapport au score basal.
  • Prise en charge dans l’heure : hémocultures, ATB probabiliste IV à large spectre, lactate, remplissage vasculaire, vasopresseurs si besoin, contrôle du foyer.
  • Surveillance rapprochée des paramètres vitaux, diurèse, lactates, signes de choc et d’atteinte d’organe ; orientation rapide en réanimation si sepsis sévère ou choc.

Définitions actuelles (Sepsis-3)

Infection, sepsis, choc septique

  • Infection suspectée : association de signes infectieux (fièvre ou hypothermie, frissons, foyer clinique) + mise en route d’un traitement anti-infectieux (ou envisagé).
  • Sepsis (Sepsis-3) :
  • Infection suspectée ou prouvée.
  • + dysfonction d’organe menaçant le pronostic vital.
  • Dysfonction d’organe définie par un SOFA augmenté de ≥ 2 points par rapport à l’état antérieur.
  • Choc septique :
  • Sous-groupe de sepsis.
  • Caractérisé par anomalies circulatoires, cellulaires et métaboliques profondes.
  • Clinically : besoin de vasopresseur pour PAM ≥ 65 mmHg et taux de lactate élevé malgré remplissage vasculaire approprié.

Rôle des anciens termes

  • Sepsis sévère : terme abandonné dans Sepsis-3 (correspond au sepsis actuel avec dysfonction d’organe).
  • SRIS / SIRS : critère d’inflammation systémique, non spécifique, non suffisant pour définir un sepsis.
  • Au concours : se concentrer sur Sepsis-3, mais connaître que SRIS = ancienne étape (fièvre/hypothermie, tachycardie, tachypnée, leucocytose/leucopénie).

Score SOFA : évaluation de la dysfonction d’organe

Principes

  • SOFA (Sequential Organ Failure Assessment) évalue 6 systèmes :
  • Respiration (PaO2/FiO2).
  • Coagulation (plaquettes).
  • Foie (bilirubine).
  • Cardiovasculaire (PAM, vasopresseurs).
  • Neurologique (Glasgow).
  • Rein (créatininémie ou diurèse).
  • Chaque système : score 0 à 4 selon la gravité.
  • Sepsis si SOFA ≥ 2 au-dessus du score basal (souvent = 0 chez sujet sans comorbidité majeure).

Utilisation pratique

  • En réanimation : SOFA complet pour suivi quotidien de la gravité.
  • Augmentation de SOFA : marqueur d’aggravation, associé à une mortalité accrue.
  • Intérêt au diagnostic et pour suivre la réponse au traitement (stabilisation ou amélioration attendue sous PEC efficace).

qSOFA : dépistage au lit du malade

Composantes du qSOFA

  • Score simple, non invasif, utilisable hors réanimation (SAU, services, extra-hospitalier) chez patient suspect d’infection.
  • 3 critères (1 point chacun) :
  • FR ≥ 22/min.
  • PAS ≤ 100 mmHg.
  • Altération de la conscience : GCS < 15.
  • qSOFA ≥ 2 : haut risque de mauvais pronostic (mortalité, séjour prolongé en réa).

Utilisation et limites

  • Outil d’alerte : incite à rechercher une dysfonction d’organe (SOFA), à intensifier la surveillance et la PEC.
  • Ne remplace pas le jugement clinique ni le SOFA complet.
  • Peut manquer certains sepsis (sensibilité imparfaite) : devant tout doute, rester prudent et élargir les investigations.

Reconnaissance précoce du sepsis

Signes d’alerte clinique

  • Contexte : infection suspectée (pneumonie, infection urinaire, abdominale, cutanée, méningée, etc.).
  • Signes généraux :
  • Fièvre ou hypothermie.
  • Tachycardie, polypnée.
  • Altération de l’état général, confusion, agitation ou somnolence.
  • Signes de dysfonction d’organe :
  • Hypotension, marbrures, extrémités froides.
  • Oligurie ou anurie.
  • Polypnée, hypoxémie.
  • Trouble de conscience (GCS ↓).
  • Ictère, purpura, saignements (coagulopathie).

Biologie évocatrice

  • Syndrome inflammatoire : leucocytose ou leucopénie, CRP élevée, procalcitonine élevée (selon contexte et disponibilité).
  • Signes de dysfonction d’organe :
  • Insuffisance rénale aiguë (urée, créatinine, baisse de la diurèse).
  • Cytolyse hépatique, hyperbilirubinémie.
  • Thrombopénie, anomalies de la coagulation.
  • Lactate augmenté : marqueur d’hypoperfusion tissulaire.

Démarche diagnostique

  • Devant suspicion d’infection + signes de gravité :
  • Évaluer rapidement qSOFA en milieu non réanimatoire.
  • Si qSOFA ≥ 2 ou signes de choc : contacter réanimateur, envisager transfert.
  • Rechercher foyer infectieux par examen clinique complet et imagerie ciblée.
  • Prélever hémocultures et autres prélèvements microbiologiques avant ATB si possible, sans retarder excessivement le traitement.

Principes de prise en charge initiale (dans l’heure)

Objectifs généraux

  • Restaurer une hémodynamique adéquate et une oxygénation tissulaire.
  • Administrer rapidement une antibiothérapie probabiliste efficace.
  • Contrôler et drainer le foyer infectieux.
  • Prévenir et traiter les défaillances d’organes.

Mesures hémodynamiques

  • Accès veineux : au moins une voie veineuse périphérique de bon calibre, puis voie centrale si besoin (vasopresseurs, monitorage).
  • Remplissage vasculaire :
  • Sérum cristalloïde en première intention, bolus répétés en fonction de la tolérance clinique (signes pulmonaires, tension, fréquence, diurèse).
  • Objectif : amélioration de la pression artérielle, de la perfusion périphérique et de la diurèse.
  • Vasopresseurs :
  • Indiqués si hypotension persistante malgré remplissage initial.
  • Objectif : maintenir PAM ≥ 65 mmHg.
  • Nécessitent en pratique une voie veineuse centrale et un monitorage rapproché (service de soins intensifs ou réanimation).

Antibiothérapie

  • Le plus tôt possible, idéalement dans la première heure, surtout en cas de choc septique.
  • Toujours probabiliste initialement, adaptée :
  • Au foyer infectieux suspecté.
  • Au terrain (immunodépression, comorbidités).
  • À l’épidémiologie locale et au risque de bactéries multirésistantes.
  • Évaluation secondaire :
  • Réévaluation à 48–72 h.
  • Adaptation aux résultats microbiologiques (désescalade si possible, ciblage).

Contrôle du foyer infectieux

  • Indispensable pour contrôler la source :
  • Drainage d’abcès.
  • Débridement de tissus nécrotiques.
  • Résection ou réparation chirurgicale (péritonite, etc.).
  • Retrait ou remplacement de dispositifs infectés (cathéter, prothèse) si possible.
  • À programmer en urgence selon la gravité et la localisation.

Autres mesures initiales

  • Oxygénothérapie pour maintenir une saturation correcte ; envisager ventilation non invasive ou intubation si détresse respiratoire.
  • Surveillance et correction des troubles hydro-électrolytiques et de la glycémie.
  • Prévention des complications : thrombose veineuse, ulcère de stress, escarres (surtout en réanimation, non détaillé aux EDN).

Surveillance et réévaluation

Paramètres cliniques

  • Surveillance rapprochée (au moins horaire en phase aiguë) :
  • Tension artérielle, fréquence cardiaque, fréquence respiratoire.
  • Saturation en oxygène.
  • Température.
  • État neurologique (GCS).
  • Diurèse horaire (objectif souvent ≥ 0,5 mL/kg/h chez l’adulte, valeur indicative).
  • Recherche de signes de choc : marbrures, allongement du temps de recoloration cutanée, extrémités froides, troubles de conscience, oligurie.

Paramètres biologiques

  • Dosage initial puis répété des lactates pour suivre l’hypoperfusion tissulaire.
  • NFS, CRP, ionogramme, fonction rénale, hépatique, coagulation.
  • Hémocultures et autres prélèvements selon la suspicion.

Réévaluation thérapeutique

  • Ajustement du remplissage selon l’état hémodynamique et la perfusion.
  • Ajustement des vasopresseurs pour atteindre les objectifs de PAM sans excès.
  • Réévaluation régulière de la nécessité de l’antibiothérapie à large spectre et désescalade.
  • Révaluation de la stratégie de contrôle de foyer (imagerie de contrôle, nouvelles options de drainage/chirurgie).

Pièges classiques aux EDN

Sous-estimation de la gravité

  • Se méfier des patients âgés ou immunodéprimés : fièvre parfois absente, signes frustes.
  • Hypotension tardive : un patient peut être en sepsis grave avec PA encore « normale » mais signes de dysfonction (lactate, oligurie, confusion).

Retard d’antibiothérapie

  • Retarder les ATB pour faire des examens complets est une erreur en cas de sepsis ou choc : les hémocultures doivent être faites rapidement, mais ne pas retarder de manière significative la première dose.

Mauvaise utilisation du qSOFA

  • qSOFA n’est pas un outil de diagnostic du sepsis mais de repérage de patients infectés à risque élevé.
  • Un qSOFA < 2 n’élimine pas un sepsis ; toujours tenir compte de la clinique globale.

Négliger la recherche du foyer

  • ATB sans recherche de foyer ni contrôle de source = PEC incomplète.
  • Toujours penser à l’imagerie (radio, échographie, scanner) guidée par la clinique.

À retenir

  • Sepsis = infection + dysfonction d’organe (SOFA augmenté ≥ 2), choc septique = sous-groupe le plus grave avec hypotension persistante et lactate augmenté.
  • qSOFA (FR, PAS, conscience) sert au repérage des patients infectés à haut risque, surtout hors réanimation.
  • La PEC initiale se concentre sur : ATB IV précoce, remplissage cristalloïde, vasopresseurs si besoin, et contrôle du foyer infectieux.

12 flashcards pour mémoriser

Lis la question, cherche la réponse, puis ouvre la carte pour vérifier.

  1. 1Quelle est la définition actuelle du sepsis selon Sepsis-3 ?

    Le sepsis est une dysfonction d’organe menaçant le pronostic vital, causée par une réponse inappropriée de l’hôte à une infection suspectée ou documentée. Il est défini par une augmentation du SOFA d’au moins 2 points par rapport au score basal.

  2. 2Comment est défini le choc septique selon Sepsis-3 ?

    Le choc septique est un sous-groupe de sepsis caractérisé par une hypotension nécessitant des vasopresseurs pour maintenir une PAM ≥ 65 mmHg et un lactate sanguin élevé, malgré un remplissage vasculaire adéquat.

  3. 3Quels sont les trois critères du score qSOFA et quel seuil est considéré comme à risque ?

    Le qSOFA comprend : fréquence respiratoire ≥ 22/min, PAS ≤ 100 mmHg et altération de la conscience (GCS < 15). Un score ≥ 2 indique un patient infecté à haut risque de mauvais pronostic.

  4. 4À quoi sert le score SOFA dans le sepsis ?

    Le SOFA évalue la dysfonction de 6 systèmes d’organes (respiratoire, coagulation, foie, cardiovasculaire, neurologique, rein). Une augmentation de ≥ 2 points par rapport au basal définit la dysfonction d’organe dans le sepsis et permet de suivre l’évolution.

  5. 5Quelle est la différence de rôle entre qSOFA et SOFA ?

    Le qSOFA est un outil simple de repérage des patients infectés à haut risque, surtout hors réanimation. Le SOFA est un score complet de dysfonction d’organe utilisé principalement en réanimation pour le diagnostic et le suivi du sepsis.

  6. 6Quelles sont les premières mesures à mettre en œuvre dans l’heure devant un choc septique ?

    Dans l’heure, il faut réaliser les prélèvements (dont hémocultures), débuter une antibiothérapie IV probabiliste à large spectre, initier un remplissage vasculaire par cristalloïdes, débuter des vasopresseurs si hypotension persistante et organiser le contrôle du foyer infectieux.

  7. 7Quel est l’objectif de pression artérielle moyenne (PAM) en cas de choc septique ?

    L’objectif usuel est de maintenir une PAM ≥ 65 mmHg grâce au remplissage vasculaire et, si nécessaire, aux vasopresseurs, afin d’assurer une perfusion adéquate des organes.

  8. 8Pourquoi le dosage du lactate est-il important dans le sepsis ?

    Le lactate est un marqueur d’hypoperfusion tissulaire et de gravité. Un lactate élevé, surtout s’il persiste malgré la réanimation initiale, est associé à un risque de mortalité plus élevé et guide l’intensification du traitement.

  9. 9Quels sont les principaux signes cliniques suggérant une dysfonction d’organe dans le sepsis ?

    Ils incluent hypotension, marbrures, oligurie ou anurie, confusion ou baisse du Glasgow, polypnée avec hypoxémie, ictère, signes de saignement ou de coagulopathie. Leur apparition sur contexte infectieux évoque un sepsis.

  10. 10Que faut-il faire avant de débuter l’antibiothérapie chez un patient suspect de sepsis ?

    Il est recommandé de prélever des hémocultures (et autres prélèvements ciblés) avant la première dose d’antibiotique, mais sans retarder de manière importante l’initiation de l’antibiothérapie en cas de sepsis ou choc septique.

  11. 11Pourquoi le terme « sepsis sévère » n’est-il plus utilisé dans les recommandations récentes ?

    Le terme « sepsis sévère » a été abandonné dans Sepsis-3 car la définition actuelle de sepsis inclut déjà la dysfonction d’organe. Ce qui était appelé sepsis sévère correspond désormais au sepsis, et le choc septique désigne la forme la plus grave.

  12. 12Quels éléments de surveillance sont prioritaires après le début de la prise en charge d’un sepsis ?

    Il faut surveiller de façon rapprochée la tension artérielle, la fréquence cardiaque et respiratoire, la saturation, la température, l’état neurologique, la diurèse horaire et le lactate, afin d’adapter remplissage, vasopresseurs et antibiothérapie.

7 QCM corrigés

Une ou plusieurs réponses justes par question. Coche, puis « Vérifier » : la question n’est juste que si tu as toutes les bonnes cases, comme à l’examen.

  1. 1. Quelle proposition définit correctement le sepsis selon Sepsis-3 ?

    Voir la correction

    Bonne réponse : B.

    Le sepsis est défini par une infection suspectée ou documentée associée à une dysfonction d’organe (SOFA augmenté d’au moins 2 points). Les critères de SRIS seuls ne suffisent pas et bactériémie/fièvre ne sont pas obligatoires.

  2. 2. À propos du choc septique, quelles affirmations sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, D.

    Le choc septique est un sepsis avec hypotension persistante nécessitant des vasopresseurs pour PAM cible (en pratique ≥ 65 mmHg) et un lactate élevé malgré remplissage. Une bactériémie n’est pas obligatoire (infection parfois locale ou hémocultures négatives).

  3. 3. Quels éléments composent le score qSOFA ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, D.

    Le qSOFA comprend la fréquence respiratoire, la pression artérielle systolique et l’état de conscience. La température ne fait pas partie du qSOFA, même si elle reste un signe important d’infection.

  4. 4. Concernant la prise en charge initiale du sepsis, quelles propositions sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, C, D.

    Les ATB doivent être administrés rapidement (dans l’heure) en cas de sepsis grave ou choc. Les hémocultures sont prises avant les ATB mais sans retard majeur du traitement. Le remplissage se fait par cristalloïdes et le contrôle de source est indispensable.

  5. 5. À propos du score SOFA, quelles propositions sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : B, C, E.

    Le SOFA évalue 6 systèmes (dont neurologique via le Glasgow, coagulation via plaquettes et fonction hépatique via bilirubine). Une augmentation ≥ 2 points définit la dysfonction d’organe du sepsis. Il est surtout utilisé en réa mais son principe reste utile ailleurs.

  6. 6. Quels éléments de surveillance sont les plus pertinents dans la phase aiguë d’un choc septique ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : A, B, C.

    En phase aiguë, on surveille étroitement les paramètres hémodynamiques (TA, FC), la diurèse horaire et l’état neurologique (Glasgow). Le poids hebdomadaire n’est pas un outil pertinent pour le suivi immédiat d’un choc septique.

  7. 7. À propos des pièges diagnostiques dans le sepsis, quelles affirmations sont exactes ?

    Voir la correction

    Bonnes réponses : B, C.

    Le qSOFA n’exclut pas le sepsis quand il est < 2. Les personnes âgées peuvent avoir des formes frustres sans fièvre. L’hypotension peut être tardive, d’où l’importance des autres signes. Le contrôle du foyer est au contraire indispensable.

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